Publié le Samedi 20 juin 2026 à 13h00.

Pour Noahm, contre les violences LGBTIphobes : des prides politiques

Le meurtre de Noahm, agressé à Metz aux cris d’insultes homophobes, rappelle la persistance des violences LGBTIphobes. Alors que le caractère homophobe de l’agression n’a pas été retenu par le parquet, les marches des fiertés demeurent des moments essentiels de mobilisation.

 

Samedi 30 mai, à Metz, Noahm est agressé violemment avant d’être déclaré en état de mort cérébrale trois jours plus tard. Les motifs de cette agression sont très vite connus. Sous les cris de « Sales pédés » et « Sales pédales », Noahm a été tué parce qu’il se maquillait et qu’il était considéré comme efféminé. Noahm a été tué parce qu’il était gay. Nous adressons toutes nos pensées à sa famille et à ses proches.

 

Un climat LGBTIphobe

Pourtant, le motif homophobe n’a pas été retenu par le parquet, ce qui constitue une nouvelle violence infligée à Noahm et à ses proches. La justice et, avec elle, toutes les institutions de l’État invisibilisent quotidiennement les violences LGBTIphobes. Par exemple, malgré leur caractère explicitement homophobe, des guets-apens ne sont pas reconnus comme tels par la justice.

Le cas de Noahm est révélateur du climat LGBTIphobe ambiant. En 2025, SOS Homophobie a recensé 1 771 signalements LGBTphobes dont 186 agressions physiques. La montée de l’extrême droite et la banalisation de ses idées réactionnaires, notamment contre les personnes trans, alimentent un climat LGBTIphobe. À Lille, au Mans et à Maubeuge, des locaux d’association LGBTI ont été vandalisés par des groupes d’extrême droite.

 

Contre l’homonationalisme

Pourtant, l’extrême droite explique toujours que le danger pour les personnes LGBTI en France, c’est l’immigration. L’extrême droite présente les LGB (lesbiennes, gaies et bies) comme des personnes blanches victimes des populations racisées. Même si l’extrême droite est toujours aussi homophobe, elle prétend vouloir nous protéger et utilise nos luttes pour justifier son racisme. Son homonationalisme propose une intégration partielle des LGB blancs à la nation, tout en rejetant les personnes queer non blanches et les personnes trans. Ce sont bien ces dernières qui sont les plus précaires et les plus opprimées par la société. 

 

Des prides politiques

Face à cette violence LGBTIphobe et à toutes les autres, il est nécessaire de se mobiliser à l’occasion des différentes marches des fiertés. À Metz, samedi 13 juin, des centaines de personnes ont manifesté lors de la pride annuelle pour rappeler les combats à mener contre les attaques homophobes et transphobes.

À Paris, la Pride des banlieues a eu lieu le samedi 6 juin dernier. Plusieurs milliers de personnes ont marché pour un logement digne, en particulier pour les personnes queers, sous des slogans antiracistes et pour la Palestine. Cette pride est un exemple, comme il en existe tant, montrant que les droits LGBTI, l’antiracisme et l’anticapitalisme peuvent et doivent aller de pair pour une véritable émancipation pour toutes et tous.

Les prides doivent être des moments de lutte, de politisation de notre communauté et de mise en avant de nos revendications. L’extrême droite est et restera notre pire ennemie, continuons à nous mobiliser.