Face à la canicule, des préfectures ont pris des arrêtés interdisant la consommation, et parfois la vente, d’alcool sur la voie publique. Ces interdictions sont justifiées par les risques que représente la consommation d’alcool en période de chaleur extrême.
La canicule de juin 2026, largement prévisible, a atteint des niveaux records, mettant les écoles, l’hôpital et les services publics sous tension, tandis que l’ampleur humaine des dégâts ne sera connue que dans plusieurs mois. Faute de véritable politique de santé publique, l’État laisse chacunE bricoler des gestes de survie, tout en ponctionnant les budgets publics, notamment de santé, pour financer sa politique militaire.
Des préfectures qui comblent les lacunes de l’État ?
L’alcool, qui déshydrate fortement, aggrave les risques en période de canicule. Quand les besoins sont immenses, mobiliser des personnels de santé et des pompiers déjà débordés pour gérer les conséquences évitables d’alcoolisations massives, lors d’événements comme la Fête de la musique, a de quoi interroger. En ce sens, la préfecture de Paris justifie son interdiction du 26 juin : « L’alcool en plein soleil a des effets dévastateurs qui conduisent à la mobilisation de pompiers et du Samu qui sont déjà très sollicités ».
Beaucoup dénoncent une mesure autoritaire qui rappelle la politique sanitaire du Covid-19 en 2020. D’autres pointent — à raison — un cadrage qui fait porter la responsabilité sur les consommateurEs plutôt que sur le sous-financement de l’hôpital public. Ces réactions hostiles ne viennent pas de nulle part. Après avoir entretenu pendant près d’un siècle des liens privilégiés avec le lobby alcoolier (comme l’ont documenté Joan Cortinas et Daniel Benamouzig) et fait de certains alcools des objets culturels, l’État interdit aujourd’hui la vente et la consommation sur la voie publique au motif qu’il faudrait soulager un hôpital en crise. La balle est encore renvoyée aux consommateurEs.
Que faire de l’alcool ?
Le retrait de l’État est tel que certaines mesures peuvent sembler difficiles à éviter, même si ce sont des pis-aller, dans un contexte de quasi-survie. L’alcool déshydrate et peut conduire à des drames évitables.
Reste que ce cadrage continue de faire porter la responsabilité sur la population, alors que la situation actuelle découle d’abord des politiques gouvernementales. D’autant que l’État se garde bien, d’ordinaire, d’encadrer sérieusement la production alcoolière. Il pourrait, par exemple, imposer des normes plus strictes quant à la teneur en alcool des produits mis en vente.
Prévention immédiate et critique structurelle : tenir ensemble ces deux aspects est nécessaire. Imposons notre santé publique !