Publié le Lundi 19 janvier 2026 à 15h15.

Le Capitaine fantôme. Sur la mer, vers le passé, de Katariina Vuori

Traduit par Taina Tervonen, éditions Marchialy, 350 pages, 22 €.

Katariina Vuori est finlandaise. Elle est archéologue, mais livre ce récit d'un point de vue plus anthropologique ou ethnologique, voire ethnographique, et se situe dans l'histoire plutôt comme une sorte d'aventurière – qu'elle était alors.

Elle a de commun avec son personnage, le Capitaine fantôme, la mer et l'utopie, la navigation et une destination qui restent incertaines. Pour le Capitaine fantôme, parce qu'il vit à la fin d'un 19e siècle plein de dangers, de famines, d'inconnu et d'espoir, pour elle parce qu'elle vit une longue période, pleine d'espoir et d'inconnu, en marge des codes habituellement reconnus dans le monde du début du 21e siècle.

Cela étant posé, l'on peut comprendre la structure surprenante, un peu déroutante, de son roman-récit-autobiographie, construit comme une adresse destinée au capitaine Fridolf Höök, qu'elle adopte comme modèle, comme référence, comme mythe, comme figure tutélaire, voire comme amoureux iconique.

De la même façon qu'il faut quelques ajustements de la doctrine pour appréhender le rapport ambigu du capitaine et de ses congénères à l'État russe, car il n'est pas alors évident pour les Finlandais de le considérer comme l'ennemi qu'il sera, peut-être alors simplement une sorte de voisin un peu encombrant, potentiellement (un peu !) envahissant.

Un livre attachant, pas forcément facile, un peu exigeant… Lectrice, lecteur, laisse-toi porter.

Claude Moro