Publié le Lundi 24 avril 2017 à 10h10.

Vélib’ : La tête dans le guidon

Le 12 avril dernier, le syndicat mixte Autolib’ et Vélib’, réuni à l’Hôtel de ville de Paris, a confirmé l’attribution du marché des vélos en libre-service à Smoove. Le groupe Decaux, évincé, n’a cependant pas dit son dernier mot en déposant un recours dès la veille de cette décision. L’incertitude est donc plus forte que jamais pour les 315 salariéEs de Cyclocity (l’Anticapitaliste n° 378).

 

Rassemblés devant la mairie, les délégués CGT et SUD de l’entreprise ont martelé la nécessité du maintien de tous les emplois ainsi que du statut collectif. La responsabilité de la ville est patente, elle dont le contrat de délégation de service public qui régit le service des vélos ne contient pas explicitement, contrairement à celui d’Autolib’, une clause de reprise du personnel en poste !

Statut du personnel : vers la sortie de route ?

La veille, les salariés s’étaient invités, avec l’aide de leurs unions départementales respectives, au siège de Smoove situé près de Montpellier, ce qui a suscité l’intérêt de la presse locale. Reçus par le directeur adjoint, ce dernier s’est pourtant refusé à toute déclaration avant la signature définitive du contrat comme suite à l’appel d’offres…

Même si depuis, galvanisé par son succès et l’extension future du nombre de stations à de nouvelles villes de la métropole, les engagements de Smoove, en nombre de maintien d’emplois, se font moins filandreux, c’est la question du statut du personnel ainsi repris qui devient centrale. Le probable transfert du centre d’appels en province laisserait les salariéEs, issus d’un centre d’aide par le travail, sur le carreau. Les ateliers de réparation, exploités actuellement en propre, seraient eux transférés dans les parkings d’Indigo, partenaire de Smoove, ce qui implique de travailler en sous-sol.

Plus encore, le personnel se verrait appliquer la convention collective de la location de vélos, au détriment des acquis arrachés ces dernières années tels que la majoration de 100 % des dimanches travaillés et celle de 45 % pour le travail de nuit. Inacceptable !

Decaux montre les dents, le personnel aussi

Le recours introduit par Decaux, prétendument au nom de la défense de l’emploi, sera examiné par le tribunal administratif le 25 avril prochain, avec un délibéré prévu début mai. Le comité d’entreprise et les syndicats ont décidé d’intervenir volontairement dans la procédure, en toute indépendance – cela va de soi – de Cyclocity qui pointe aussi un éventuel conflit d’intérêts lors de la passation du marché.

En cas de validation de la reprise par Smoovengo, le consortium crée à cette occasion, les salariés attendent de la justice qu’elle ordonne à ce dernier d’appliquer l’article L. 1224-1 du Code du travail qui oblige à poursuivre les contrats de travail en cours, avec reprise d’ancienneté et maintien de la rémunération. Un objectif pour lequel les salariéEs ne manqueront pas de se mobiliser à nouveau !

LD