Publié le Mercredi 11 février 2026 à 10h34.

Une réponse sociale et écologique

Face à l’explosion des déplacements contraints et à la domination de la voiture, la question des transports est un enjeu à la fois social et écologique. 

Aujourd’hui, en moyenne 74 % des déplacements domicile/travail sont effectués en voiture, jusqu’à 87 % dans les zones rurales, et moins, 54 % dans les communes densément peuplées. La distance moyenne parcourue chaque jour augmente toujours. 

Une urgence sociale

La gentrification des villes pousse les classes populaires, pour disposer d’un logement accessible financièrement, toujours plus loin des centres-villes. Ce sont donc ces populations qui sont obligées, pour tous les actes de la vie, de se déplacer dans des conditions déplorables. Pour celles et ceux qui n’ont pas de voiture, c’est la galère dans des transports en commun pas toujours adaptés à leurs besoins, à leurs horaires de travail, à leurs contraintes familiales, quand ils ne sont pas trop éloignés de leur résidence. Les autres qui utilisent leur voiture, se retrouvent dans les embouteillages, avec tous les risques d’accident. Et tout cela coûte cher, en moyenne 15 % du budget des ménages !

De ce fait, une personne sur quatre déclare avoir refusé un emploi ou une formation faute de transport, les plus précaires renoncent aux loisirs ou à la culture à cause du coût du transport, et on estime que plus de 13 millions de personnes vivent une « précarité de mobilité » se limitant aux déplacements essentiels. Il est donc décisif de doter toutes les agglomérations de transports en commun performants et de raccordements avec les espaces péri-­urbains parfois éloignés de plusieurs dizaines de km des grandes métropoles ; et de les rendre accessibles à toustes.

Une urgence écologique

À l’urgence sociale, s’ajoutent les urgences environnementales et sanitaires.

Les transports sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre (toujours en augmentation), la moitié émanant des voitures. Pour agir sur les effets du réchauffement climatique, les îlots de chaleur dans les villes, augmenter la part des transports en commun est impératif. Un déplacement en bus émet moitié moins qu’une voiture, en tram 50 fois moins ! Disposer de transports en commun, par train de raccordement aux grandes villes, par bus et trams dans les agglomérations, qui soient plus efficaces que les voitures, à des horaires et fréquences adaptés à tous les besoins, est donc prioritaire.

Car l’électrification des voitures, outre qu’elle n’est pas possible intégralement, ne modifie en rien les modes de déplacement et ne règle pas l’urgence sanitaire. En effet, les substances dangereuses émises par les véhicules à moteur participent pour une large part à la pollution atmosphérique qui est responsable de la mort prématurée de 48 000 personnes par an en France (plus de 8 millions dans le monde). Ce sont les oxydes d’azote et les particules fines, ces particules en suspension composées de toutes les substances présentes dans l’atmosphère, classées selon leur taille en PM10 (10 microns) et PM2,5 (2,5 microns), responsables de cancers, de troubles cardiovasculaires ou respiratoires. Plus de la moitié des PM émises par les voitures proviennent de l’usure des freins et des pneus, en quantité proportionnelle au poids. Plus les voitures sont lourdes, comme les grosses voitures électriques, plus elles émettent.

Développer les transports en commun pour diminuer la circulation automobile, c’est donc à la fois changer la vie quotidienne de millions de personnes, améliorer l’air respiré, et répondre à l’urgence sociale !