Publié le Jeudi 3 avril 2025 à 18h00.

30 mars, la Journée de la terre

Le 30 mars, à l’occasion de la Journée de la terre, des manifestations se sont déroulées à Paris, à Morlaix, à Marseille, à Strasbourg...

Depuis 1976, le peuple palestinien célèbre la Journée de la terre, ancrée dans l’histoire de la résistance palestinienne, emblématique de l’actualité de la lutte pour la survie !

Contre la confiscation des terres, déjà !

En 1976, le gouvernement israélien lance un plan de judéisation de la Galilée, la confiscation de 20 000 dounams de terre (18 km2) au milieu des villages arabes. Il s’agit de construire des colonies juives sur des terres appartenant à des citoyenEs arabes palestiniens — la majorité de la population dans cette région. Partout en Palestine, de la Galilée au Néguev, dans les villes et les villages, c’est la grève générale, les manifestations ! Le 30 mars 1976, la police israélienne ouvre le feu, occasionnant la mort de six personnes, des dizaines de blesséEs et des centaines d’arrestations. C’est la première fois depuis 1948 que les citoyenEs palestinienNEs d’Israël organisent une riposte à la politique israélienne en tant que collectif national palestinien. Depuis, cette date est devenue pour tous les PalestinienNEs du monde la Journée de la terre, symbole de leur attachement à la terre, de leur résistance, de leur lutte contre l’occupation et la colonisation.

Rester, cultiver, c’est résister !

La spoliation des terres du peuple palestinien n’a, depuis, jamais cessé. Depuis le début du génocide à Gaza, durant l’année 2024, 41 km2 de terres supplémentaires ont été confisquées en Cisjordanie et à Jérusalem par l’armée israélienne. Le nombre de colons a été multiplié par 5 en 30 ans : ils sont près de 800 000 actuellement. Outre les colonies autorisées, au-delà de 10 000 unités au premier trimestre 2025, soit plus que pour toute l’année 2024, l’État israélien valide systématiquement toutes les implantations sauvages, les avant-postes implantés par les colons les plus agressifs, et envoie son armée pour les protéger.

La colonisation de la Cisjordanie se poursuit, plus que jamais, et la liaison des colonies entre elles accentue le morcellement des territoires sous contrôle palestinien. À Gaza, outre la continuation de l’agression militaire, l’offensive politique de l’État génocidaire prévoit le départ des dirigeants du Hamas pour permettre la mise en place du plan Trump, l’exil volontaire des GazaouiEs. Objectif, faire partir 40 % d’entre elles et eux ! On voit bien l’enjeu, on comprend bien la nécessité vitale, pour les PalestinienNEs, de rester, de cultiver, de résister !

Une provocation !

Ainsi, c’est bien comme une énième provocation de Netanyahou qu’il faut comprendre la décision de construire deux nouvelles routes en Cisjordanie occupée, le jour même du 30 mars 2025. Elles auront pour effet de renforcer l’implantation de colonies dans la région de Ma’ale Adumim, à l’est de Jérusalem, où plus de 40 000 colons sont déjà installés illégalement ! L’ONG israélienne « La Paix maintenant » dénonce cette « nouvelle route d’apartheid » qui va permettre l’annexion d’une zone d’environ 3 % de la Cisjordanie ! Un élément de plus dans la voie de la liquidation physique et politique de la question palestinienne.

Louison Le Guen