Publié le Samedi 10 janvier 2026 à 09h00.

L’Ukraine ne cède ni aux intox ni aux pressions

Après presque quatre ans d’une très longue guerre, la société ukrainienne est épuisée, marquée par les deuils, les déplacements, l’angoisse permanente des alertes. La confiance dans les alliés faiblit, beaucoup savent que l’aide peut diminuer, que des compromis peuvent se faire sur leur dos. Mais loin de se résigner, la majorité des UkrainienEs rejette l’idée d’une paix imposée qui sacrifierait leur sécurité future ou légitimerait l’occupation. Les violences subies dans les territoires occupés renforcent leur détermination.

Expropriations et intox à grande échelle

Par décrets, l’administration russe veut rendre irréversible l’occupation des territoires ukrainiens. Terres agricoles, logements, entreprises sont confisqués et transférés à l’État russe ou à ses proches. En violation du règlement international des lois de la guerre, qui interdit l’appropriation de biens privés dans les territoires occupés, le droit russe s’impose, le rouble devient la monnaie de référence, les passeports russes une condition d’accès aux services de base. Par cette politique du « fait accompli », Moscou s’emploie à rendre toute négociation réelle impossible.

L’annonce d’une attaque de drones contre une propriété de Poutine est une tentative grossière de manipulation. Kiev n’avait aucune raison de consacrer des forces à une cible sans aucun intérêt militaire. Depuis, Moscou n’a toujours pas fourni la moindre preuve et ne compte pas le faire. L’épisode sert à victimiser le pouvoir russe et à justifier la poursuite de la guerre face aux pressions de Trump — qui prend pour argent comptant les mensonges poutiniens.

Sur le front, la guerre d’usure

Malgré 150 000 combattants déployés dans le secteur de Pokrovsk, Moscou n’a pas réussi de percée stratégique majeure ni d’encerclement décisif depuis des mois, et l’armée ukrainienne tient, elle ne s’effondre pas. L’enjeu de la présence ukrainienne y est plus diplomatique que militaire. Les forces russes exigent la totalité du Donbass dans le cadre d’un accord de paix, la prise de Pokrovsk en serait le symbole. En ce début d’hiver, rien n’est joué. Pour Moscou, le maintien en état des réseaux logistiques sera prioritaire pour assurer un approvisionnement accru, en carburant et en vivres ; pour Kiev, l’intensification des bombardements sur les infrastructures routières et énergétiques constitue une menace grave.

Les négociations de paix patinent

Dans les prochains jours, plusieurs rencontres porteront sur les garanties de sécurité que les alliés peuvent apporter pour dissuader Moscou de l’attaquer de nouveau. Poutine ne cède ni sur la reconnaissance des annexions ni sur la neutralisation durable de l’Ukraine. Les propositions de l’administration Trump — par exemple celle d’une « zone économique libre » d’où Kiev aurait retiré ses troupes — créent une pression politique sur Kiev pour valider un partage territorial inacceptable. Le viol du droit international commis par Trump au Venezuela s’inscrit dans la logique appliquée par Poutine en Ukraine (et demain par la Chine à Taïwan ?) qui vise une répartition de « zones d’influence historiques » entre autocrates. De son côté, Zelensky a répété de façon claire que l’Ukraine ne céderait aucune partie de son territoire ni ne reconnaîtrait la souveraineté russe sur ces terres, y compris le Donbass ou la Crimée. Il refuse toute solution « imposée » par Washington ou Moscou si Kiev n’est pas à la table des négociations. Ces conditions constituent le cœur de la résistance du peuple ukrainien.

Le groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA