Publié le Vendredi 21 octobre 2016 à 07h47.

Répression antisyndicale... en Corée du Sud aussi

Le gouvernement sud-coréen veut liquider une fois pour toutes la tradition syndicale militante qui plonge ses racines historiques dans la résistance à la dictature Park Chung-hee (1960-1979), puis Chun Doo-hwan (1980-1987). Le Conseil national des syndicats (NCTU, fondé en 1990), puis la Confédération des syndicats coréens (KCTU qui lui succède en 1995) ont incarné cette tradition. Non sans difficulté, cette dernière a tenté de s’adapter à des conditions de lutte changeantes. Depuis décembre 2012, le pays est présidé par Park Geun-hye, la propre fille du dictateur...

La répression récurrente contre la KCTU connaît aujourd’hui un nouveau pic. Les conglomérats coréens (chaebols) sont activement engagés dans l’offensive contre les droits syndicaux. La grève du secteur public engagée contre la réforme régressive du travail et le système de rémunération fondé sur la performance a été déclarée « illégale ». Neuf dirigeants du Syndicat coréen des chemins de fer (KRWU) sont victimes de l’infâme accusation d’« entrave à l’activité économique »... Pour casser la grève, le gouvernement projette un « arbitrage d’urgence », une pratique dénoncée par l’OIT (Organisation internationale du travail) comme une violation de la liberté d’association. Les chauffeurs routiers indépendants, qui prévoyaient aussi une grève, font également face à des accusations criminelles et civiles.

Plus de vingt dirigeants et militants syndicaux sont emprisonnés, alors que leur seul crime est d’avoir défendu les droits des travailleurs. Il s’agit notamment du président de la KCTU, Han Sang-gyun, du vice-président de la KPTU (Transports), Cho Sung-deok et du président de la KPCWU (Construction d’usines), Lee Jong-hwa.

Un appel intersyndical à la solidarité internationale a été lancé avec l’appui de la Fédération internationale des transports (ITF). Pour signer la lettre en défense des syndicalistes sud-coréens : https://www.labourstartc… ?c=3194