Publié le Mercredi 4 janvier 2017 à 09h46.

Résolution de l’ONU sur les colonies israéliennes : un camouflet pour Netanyahou !

Condamnant la poursuite de la colonisation des territoires occupés, la résolution 2 334,votée le 23 décembre par le Conseil de sécurité de l’ONU ne peut que réjouir les amiEs de la Palestine...

Certes, cette résolution n’est pas assortie de mesures contraignantes, mais elle illustre l’impasse dans laquelle se trouve Tel Aviv sur le plan diplomatique.

Des alliés de plus en plus regardants

Comme on pouvait s’y attendre, la réaction du gouvernement israélien à cette résolution historique défavorable (la dernière datait de 1979) est à la mesure de la posture méprisante et belliqueuse qu’il a adoptée depuis des décennies. Netanyahou – poursuivi par ailleurs pour avoir perçu des « cadeaux illégaux » – a déclaré qu’Israël allait « limiter les relations avec les pays qui ont voté la résolution de l’ONU. »

Cette fuite en avant résiste mal à une analyse, même rapide, des difficultés auxquelles se trouve confronté l’État sioniste aujourd’hui. Ancienne tête de pont de l’impérialisme au Proche-Orient, Israël est en perte de vitesse au niveau de ses capacités militaires, et se trouve confronté à de nouvelles puissances locales dans un monde multilatéral. Sur le plan social, la situation n’est guère plus brillante, on assiste à une augmentation de la pauvreté qui dissuade nombre de juifs de la diaspora anciens candidats à « l’alyah » à mettre leur projet à exécution. L’industrie militaire elle-même est en crise, et la politique frénétique de colonisation est en train de ruiner le pays. Dans de telles conditions, on voit mal comment Netanyahou et sa clique pourraient claquer la porte aux alliés traditionnels.

Quelles conséquences ?

À elle seule, cette résolution ne peut bien évidemment en rien régler l’avenir de la Palestine, en particulier du droit au retour pour les Palestiniens chassés de leur pays en 1947. Pour autant, ses conséquences diplomatiques pourront être exploitées par ses partisans. Contrairement à ce qu’affirme Trump, le président pas encore en fonction, l’adoption de la résolution est définitive et ni son équipe ni les représentants d’Israël à l’ONU n’y pourront rien changer.

Elle aura des conséquences au niveau européen, notamment pour instruire des dossiers devant le TPI, ce que redoutent les dirigeants sionistes. Elle accroît aussi la légitimité de la campagne BDS au niveau de l’opinion publique. À l’initiative de la France, une « conférence de la paix » réunissant 70  pays se tiendra à Paris ce 15 janvier, cela pour la première fois depuis 9 ans. Nul doute que cette conférence sera fortement influencée par la nouvelle résolution de l’ONU. Et logiquement Israël a d’ailleurs annoncé qu’il n’y participerait pas...

Donner un nouvel élan à la campagne BDS

Les militantEs antisionistes et anti-impérialistes ne nourrissent aucune illusion sur la mise en application des résolutions de l’ONU. Depuis sa création en 1947, Israël n’en a d’ailleurs respecté aucune.

Par cette résolution, Obama prétend vouloir« sauver Israël de lui-même »... Pour notre part, nous ne comptons que sur la mobilisation internationale pour sauver la Palestine. La campagne BDS France est le cadre le plus approprié pour faire progresser cette idée. Malgré la répression et les nombreux procès, sa légitimité grandit. Répondons présents lors de ses nouvelles mobilisations.

Alain Pojolat