Publié le Mercredi 9 mars 2022 à 20h00.

Sur les manifestations anti-guerre en Russie. Communiqué du Mouvement Socialiste de Russie

Des manifestations anti-guerre se sont déroulées le dimanche 6 mars dans de nombreuses villes de Russie, Moscou et Saint Petersbourg,mais aussi en Sibérie, à Tomsk, Novosibirsk, à Krasnoïarsk et Nijniy Novgorod. Toute la journée, le canal Telegram du Mouvement Socialiste de Russie en a rendu compte. A l’issue de cette journée de courageuses mobilisations, il a publié le communiqué suivant le 6 mars :

Le pouvoir s’est bien préparé aux meetings d’aujourd’hui. L’arsenal des lois répressives s’était enrichi la veille d’un nouveau paquet de correctifs au code administratif et au code pénal. Critiquer les opérations militaires, diffuser des « fakes »(y compris par voie d’affiche ou de banderoles), c’est risquer des amendes de cinq millions de roubles et des condamnations fermes allant jusqu’à quinze ans de privation de liberté. Sont bloqués Dozd’, Ekho Moskvy, Republic, Mediazona, Activatica etc. Le champ de l’information a été nettoyé jusqu’à atteindre la stérilité quasi complète. La police ne se gêne pas dans le choix des moyens : passage à tabac des personnes arrêtées, utilisation de taser. On a constaté dans de nombreuses ville des « costauds » de la police sans insigne distinctif qui peuvent se conduire de la façon la plus bestiale sans crainte d’être punis. Cela montre combien le pouvoir est conscient de la fragilité de sa position. Mais les répressions ne peuvent aider le pouvoir à sortir de la crise qu’il a lui-même créée. Au contraire la volonté de résister ne fera que s’accroître en réponse à l’effondrement imminent de l’économie.

Des dizaines de milliers de citoyens ont manifesté dans les rues de 56 villes. Ils n’ont été découragés ni par l’arrestation de militants, ni par la panique, ni par la férocité de la police. Les pouvoirs en place en Russie nous ont tous systématiquement privés de toute subjectivité politique : ils ont confisqué les rues, les élections, les media. Mais nous ne nous rendrons pas. Nous savons que l’histoire, c’est nous qui la faisons, nous qui créons ce monde, lui donnons son sens et sa chair, quels que soient les efforts du capital et de l’Etat pour démontrer le contraire. Nous savons aussi que la protestation dans la rue est une part importante de toute résistance, parce qu’elle nous permet de nous voir les uns les autres. Le pouvoir nous contraint à l’anonymat et au silence dans les réseaux sociaux. Le sommes du pouvoir mentent quand ils prétendent que nous ne sommes peu nombreux. En réalité les rues sont pleines de nous, tandis qu’ils n’occupent, quant à eux, que quelques cabinets isolés.

La journée d’aujourd’hui est sur le point de s’achever, mais la lutte ne fait que commencer. Unissons-nous, oeuvrons ensemble. La lutte pour la paix, ce n’est pas seulement quelques meetings audacieux, c’est aussi , pour une large part, une routine quotidienne de travail, d’un travail que nous devons accomplir tous ensemble. Rejoignez-nous, écrivez-nous sur @rsd_organizer.bot sur Telegram. Lisez notre documentation sur les formes de protestation auxquelles nous pouvons avoir recours : tracts, bulletins d’informations contre la guerre, affichettes.

Le pouvoir russe s’apprête à se battre jusqu’au dernier soldat. S’opposer à ce pouvoir c’est sauver des vies : non seulement des vies de Russes et d’Ukrainiens, mais aussi de tous les hommes de ce monde.

 

Traduit par ensemble-insoumise.org