Publié le Mercredi 27 mai 2026 à 09h24.

Contre la marche à la guerre, autoritaire, antisociale et écocidaire

Le 19 mai, l’Assemblée a adopté une loi de modification de la programmation militaire 2024-2030 pour y ajouter 36 milliards d’euros et des mesures liberticides. À Genève, les 13 et 14 juin, mobilisons-nous contre cette marche à la guerre, autoritaire, antisociale et écocidaire.

La précédente loi de programmation militaire (LPM) pour 2019-2025 prévoyait 295 milliards d’euros de dépenses. Celle de 2024-2030 est passée à 436 milliards, soit une augmentation de 41 % ! Les députéEs du camp gouvernemental viennent de lui ajouter 36 milliards avec le soutien du Rassemblement national et du Parti socialiste. SeulEs les députéEs insoumisEs et écologistes ont voté contre.

De l’argent, il y en a pour la guerre et les profits

Le gouvernement prévoit 4 milliards d’économies sur les dépenses de l’État et 2 milliards sur celles de la Sécurité sociale. Or, nos services publics sont déjà à l’agonie, en particulier la santé. Les organisations syndicales réclament plusieurs centaines de milliers d’embauches à l’hôpital, dans les EHPAD, dans l’Éducation nationale ou la petite enfance…

Mais quand il s’agit de dépenses militaires, le gouvernement trouve des milliards sans difficultés. En 2030, le budget de la défense sera porté à 76,3 milliards, soit 2,5 % du PIB. Cette augmentation est fléchée sur les munitions et les drones. Les commandes vont en premier lieu bénéficier aux grands groupes industriels de l’armement comme Dassault ou Thales. Mais des entreprises comme Renault se positionnent aussi en passant de la production de voitures à celle de drones. D’autres vont également profiter du développement de cette industrie de guerre dans le domaine des hautes ­technologies, par exemple.

Silence, on tue

Le gouvernement a profité de cette loi pour glisser plusieurs mesures liberticides. La création d’un « état d’alerte de sécurité nationale » va permettre de s’affranchir de l’accord du Parlement pendant deux mois pour déroger à des normes environnementales ou d’urbanisme.

Il en profite aussi pour convertir la « Journée défense et citoyenneté » en « journée de mobilisation », c’est-à-dire en journée d’embrigadement de la jeunesse sur fond de patriotisme et de militarisme.

Enfin, le texte prévoit d’élargir le recours à des algorithmes pour analyser les connexions internet au prétexte de « la défense nationale » ou de la lutte contre « la criminalité organisée ». Dans un contexte de fascisation, une telle mesure a de quoi inquiéter toustes celleux qui contestent l’ordre établi.

Répondre à l’urgence sociale et écologique

Le développement de l’industrie de guerre conduit nécessairement à l’extension de la guerre puisque, une fois les armes produites, il faut qu’elles soient vendues à des pays qui vont les utiliser. On le constate avec le génocide à Gaza, l’extension de la guerre au Liban et en Iran, les conflits en RDC ou au Yémen, les menaces des États-Unis sur le Venezuela… 

En plus de drames humanitaires, la guerre a des conséquences écologiques en raison de l’usage direct des armes, mais aussi du développement d’industries extrêmement polluantes, comme celles des fluides produits par Arkema pour les missiles ou le nucléaire. Même sans inclure l’utilisation des armes, le fonctionnement de l’industrie militaire est responsable de 5,5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, soit plus que l’aviation et la marine commerciale réunies. 

Au lieu de donner des milliards à l’industrie de la mort, l’urgence est de stopper les guerres, d’investir pour mettre un coup d’arrêt au réchauffement climatique et de reconvertir les emplois de ces industries pour entamer une transformation sociale et écologique.

Toustes au contre-sommet du G7 !

Mi-juin, les sept plus grandes puissances du monde se réunissent à Évian pour se partager les richesses du monde et s’accorder sur leurs politiques guerrières et de destruction de la planète. Les 13 et 14 juin se tiendra à Genève un contre-sommet pour protester contre le G7 et son monde. Le samedi auront lieu des débats pour analyser la situation et organiser nos résistances. Le dimanche, qui est aussi la journée de la grève féministe en Suisse, nous manifesterons même si Macron, le G7 et les autorités suisses ne le veulent pas !

Elsa Collonges