Publié le Mardi 2 juin 2026 à 22h35.

Trump prive les immigrés de leurs droits, parfois même de leur vie, mais la résistance se poursuit

Aux États-Unis, l’administration Trump intensifie sa politique anti-immigrés. Malgré la répression, les mobilisations et les résistances se poursuivent.

Alors que Donald Trump est occupé par une guerre contre l’Iran, ses projets concernant Cuba et la rénovation de la Maison Blanche, Stephen Miller, conseiller à la Sécurité intérieure et raciste d’extrême droite, œuvre sans relâche pour arrêter, emprisonner et expulser davantage d’immigrés et rendre l’Amérique plus blanche. Mais des responsables politiques, des avocats et des manifestantEs continuent de prendre des risques pour résister.

Une politique meurtrière

La dernière manifestation en date a eu lieu à Delaney Hall, un centre de détention de Newark (New Jersey), où des manifestantEs soutiennent la grève de la faim des personnes détenues. Celles-ci protestent contre la nourriture infestée d’asticots, la surpopulation, le manque de couvertures et l’insuffisance des soins médicaux.

Les Proud Boys, un groupe néonazi d’extrême droite, se sont présentés pour soutenir l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et affronter les soutiens des immigrés. L’ICE a malmené les manifestants, tiré des gaz lacrymogènes et arrêté certainEs militantEs. La gouverneure du New Jersey, Mikie Sherrill, une démocrate, a envoyé la police d’État sur place pour maintenir l’ordre et apaiser les tensions alors que l’ICE se retirait.

Les manifestations dans le New Jersey sont le reflet d’une lutte plus large qui se déroule à travers tout le pays. Officiellement, plus de 170 personnes sont décédées en garde à vue ou dans des centres de détention de l’ICE pour diverses causes entre 2003 et 2025. Les agents de l’ICE ont tué au moins quatre personnes, voire davantage, au cours du second mandat de Trump, et les tirs de l’ICE ont blessé au moins 17 autres personnes.

Privation des droits et départs contraints

Parallèlement, l’administration Trump prend des mesures pour s’assurer que les migrantEs, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière, se voient refuser des emplois, perdent leur couverture médicale, soient privés de crédits d’impôt et ne puissent pas inscrire leurs enfants en crèche. Miller espère ainsi persuader les migrantEs de partir – 80 % sont des personnes de couleur originaires d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine – en rendant leur vie aux États-Unis insupportablement misérable. Des dizaines de milliers d’entre eux ont accepté des billets d’avion et des allocations et se sont auto-expulsés.

Les États-Unis ont connu une augmentation considérable d’autres « départs volontaires ». Entre janvier 2025 et mars 2026, les juges de l’immigration ont rendu environ 80 000 décisions d’auto-expulsion. Mais celles-ci résultent principalement de la coercition exercée par l’ICE ou les juges de l’immigration, ou sont dues aux conditions épouvantables dans les centres de détention pour migrantEs, ou à la menace d’un « renvoi vers un pays tiers », par exemple l’envoi d’une personne d’Amérique latine en République démocratique du Congo. Il n’est donc pas surprenant que de nombreux migrantEs choisissent de rentrer. Certains estiment que deux millions de migrantEs sont partiEs.

Le droit d’asile bafoué

En violation du droit américain et international, des demandeurs d’asile – des personnes qui craignent la violence dans leur pays d’origine de la part du gouvernement, de criminels ou dans le cadre de violences domestiques – ont été refoulés à la frontière américaine. La « politique de refoulement », mise en place sous la présidence de Barack Obama et poursuivie sous celle de Trump, a conduit au renvoi de centaines de milliers de personnes. 

L’American Immigration Council, une ONG, rapporte que « certains ont attendu des années [au Mexique], contraints de vivre dans des conditions sordides et devenant la proie des membres des cartels. Beaucoup ont été violemment agressés, kidnappés, violés ou assassinés alors qu’ils attendaient leur chance d’exercer leur droit de demander l’asile ». Bien que plusieurs tribunaux inférieurs aient jugé cette politique illégale, la Cour suprême ne s’est pas prononcée et l’administration Trump l’a donc maintenue.

Dans le même temps, l’État de New York a établi de nouvelles règles exigeant que les agents de l’ICE se fassent connaître, restent à l’écart des écoles, des hôpitaux, des refuges et des lieux de culte, et interdisant à la police de coopérer avec eux. L’ICE, qui est un organisme fédéral, affirme qu’elle n’est pas tenue de se conformer aux lois de l’État.

Compte tenu de la situation, il est important que la résistance, sous toutes ses formes – législative, juridique et dans la rue –, se poursuive. Nous pouvons être sûrs qu’elle continuera.

Dan La Botz, traduction Henri Wilno