Ce mois d’octobre, nous assistons à l’abandon complet de l’Ukraine par Donald Trump. L’accélération brutale des dernières semaines ouvre une nouvelle phase du conflit.
Le deal diesel contre levée des sanctions illustre la vénalité de l’administration américaine. Pour 2 ou 3 jours de consommation domestique, elle accorde une victoire diplomatique majeure à Poutine, qui peut, depuis, exporter son pétrole dans le monde entier.
Renforcement du duo toxique Trump-Poutine
Cet accord pourri sera rapidement suivi par une restriction des réseaux Starlink (propriété de Musk) et Starshield (géré par les militaires) qui donnent une plus grande précision aux frappes ukrainiennes et permettent d’anticiper les trajectoires des drones et des missiles balistiques qui provoquent des dégâts considérables.
Le mépris affiché par Trump pour Zelensky, sa volonté d’en faire le responsable de la poursuite de la guerre sont des cadeaux au Kremlin. Le négociateur de Trump, le minable larbin Witkow, a même décerné un brevet d’humanité à Poutine.
Le bilan de ce mois de trahison est clair : un renforcement du duo toxique Trump-Poutine. La perspective possible d’une rencontre entre Xi Jinping, Poutine et Trump ne fait qu’accentuer leur volonté de se partager le monde à leur guise. Des zones d’influence dans lesquelles chaque impérialisme aurait les mains libres pour asservir les nations et les peuples.
Une trahison tragique
L’armée de Vladimir Poutine n’a guère progressé, elle recule même. Les objectifs territoriaux — l’annexion totale de quatre oblasts — restent hors de portée. En difficulté sur le front, le dictateur cherche à saper la volonté de résistance des UkrainienNEs. Il vise la destruction complète des villes et des infrastructures vitales pour rendre la vie insupportable et forcer la population civile à l’exode.
Réduire les moyens militaires de l’Ukraine est une trahison tragique qui entraîne une forte augmentation des pertes civiles. C’est un affaiblissement de la position de Kyiv à la veille de possibles négociations. Poutine ne veut pas la paix, il veut la reddition complète de l’Ukraine et Trump est prêt à lui faciliter la victoire.
L’hiver sera très difficile pour le peuple ukrainien. Sa résistance face à la Russie est essentielle à la survie de sa nation. Les UkrainienNEs ont la conviction que Poutine utilisera n’importe quel accord pour gagner du temps et se réorganiser avant de relancer son offensive. Un cessez-le-feu peut suspendre les opérations de guerre, il n’est pas la garantie d’une paix juste et durable. Aujourd’hui, en dépit de la fatigue, des désertions et des protestations contre la politique de Zelensky, la majorité des UkrainienNEs refuse le transfert de l’intégralité du Donbass sous contrôle russe en échange de garanties de sécurité.
Un front réactionnaire contre les peuples
Pendant ce temps, en Europe, la colère de la jeunesse et des couches populaires fait trembler de nombreux gouvernements, en France, en Albanie, en Belgique, en Italie ou en Serbie. Face à ces profonds mouvements, un front réactionnaire se constitue, parrainé par Trump et Poutine. Ils sont relayés par des alliances de plus en plus visibles entre les droites de gouvernement et l’extrême droite. Marine Le Pen en France, l’AfD (extrême droite) et le BSW (gauche conservatrice et xénophobe) en Allemagne, ou Vox (extrême droite) en Espagne rejettent tout soutien financier et militaire à l’Ukraine.
Le convoi européen de solidarité
Pour les forces progressistes, le soutien à la résistance armée du peuple ukrainien contre l’agression impérialiste et fasciste est une exigence aussi importante que la solidarité envers la cause palestinienne. Dénonçons Trump qui, comme Poutine, dénigre la légitimité de Zelensky, rend les frappes ukrainiennes responsables de l’escalade militaire, exige un cessez-le-feu sans garanties sérieuses. Toutes les remises en cause de l’aide à l’Ukraine sont autant de cadeaux à l’agresseur et une légitimation des politiques néocoloniales.
Faisons bloc contre l’alliance des fascistes, xénophobes, réactionnaires. La solidarité « du bas vers le bas » avec l’Ukraine est plus que jamais nécessaire. Le convoi européen de solidarité en novembre sera une occasion pour rappeler que « l’Ukraine est proche », que cette guerre nous concerne directement, que ses enjeux pèsent lourd sur notre propre destin.