Après la suppression des APL le 1er juillet pour les étudiantEs étrangerEs, le gouvernement s’attaque une nouvelle fois au droit au logement pour les jeunes en préparation du budget 2027.
Selon les révélations des Échos au mois d’août, les inspections générales des finances et des affaires sociales ont publié en juin un rapport s’intitulant « Revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales », à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu.
550 millions d’euros sur notre dos !
Ayant pour objectif de faire baisser le budget alloué aux politiques familiales, ce rapport prévoit 4,2 milliards d’euros d’économies à travers des mesures antisociales : révision des allocations familiales et des pensions de retraite, suppression de la réduction d’impôt pour financer les frais de scolarité. En ce qui concerne le logement pour les étudiantEs, ce rapport préconise « d’améliorer le caractère redistributif des APL versées aux étudiantEs rattachéEs au foyer fiscal de leurs parents, en prenant en compte les ressources familiales » afin d’économiser 550 millions d’euros sur le dos de la jeunesse. En conséquence, ce seraient 200 000 étudiantEs qui se retrouveraient sans aides pour leur logement et 150 000 qui verraient ces dernières diminuer drastiquement.
Les étudiantEs étrangerEs ont été les premierEs à être attaquéEs par un décret d’application du 28 juin, supprimant leur aide à partir du 1er juillet. Dans la continuité de « Bienvenue en France », ce dispositif raciste montre à quel point les mesures visant les étrangerEs servent de laboratoire avant une généralisation de ces dernières par le gouvernement, qui s’attaque méthodiquement au démantèlement de l’université et de la condition étudiante. En effet, sans cette aide, beaucoup seront dans l’obligation de rester au sein du foyer familial ou même de devoir arrêter leurs études, faute de moyens financiers. Pour d’autres, ces aides étaient un moyen de s’émanciper, voire d’échapper aux violences intrafamiliales.
Une jeunesse de plus en plus précaire
Ces attaques entrent dans un contexte plus large de précarisation de la jeunesse. À chaque rentrée, c’est le même constat : des queues interminables pour les visites d’appartements pour espérer avoir un toit décent, des propriétaires voyous qui louent des logements hors normes de sécurité et des étudiantEs forcéEs d’accepter des loyers indécents pour des logements insalubres. Dans une France à Macron où unE étudiantE sur deux ne mange pas à sa faim, c’est également unE étudiantE sur deux qui est en situation de mal-logement, alors que les dépenses augmentent de 888 euros cette année, notamment pour le loyer et les courses. Pour beaucoup, les vagues de chaleur et la canicule de cet été n’ont fait que révéler la situation des logements étudiants, tout aussi difficile en hiver. Pour certainEs, les logements ont pu monter à des températures comprises entre 30 °C et 40 °C. Sans clim ni ventilateur, les jeunes ont dû faire preuve de créativité : couvertures de survie, craies blanches ou blanc de Meudon sur les fenêtres pour gagner quelques degrés.
Face à ce constat, il est urgent d’organiser la riposte lors des mobilisations des 15 et 29 septembre, dans la rue, sur nos facs et dans nos quartiers, pour mettre fin aux attaques du gouvernement contre la jeunesse !