Publié le Jeudi 23 avril 2026 à 19h55.

Mobilisation étudiante pour la Palestine, répression violente

Des étudiantEs de plusieurs établissements ont coordonné des occupations pour dénoncer la loi Yadan et exiger la fin des partenariats avec des institutions israéliennes. La répression policière et universitaire a été brutale. Mais la mobilisation s’inscrit dans une dynamique appelée à se poursuivre.

En réponse à la proposition de loi Yadan, visant à faire taire les dénonciations du génocide en cours, des étudiantEs parisiennEs ont coordonné leurs forces pour dénoncer cette offensive liberticide. Mardi 14 avril, des étudiantEs de Sciences Po Paris (à l’appel du Comité Palestine et de Solidaires), de Panthéon-Sorbonne et de Supélec ont occupé leurs établissements. Aux quatre coins de Paris, les voix se sont élevées pour clamer : « La loi Yadan, c’est toujours non ». 

Coordonnées en amont, ces actions cherchaient également à interpeller les directions universitaires pour mettre fin aux partenariats avec des institutions israéliennes. Elles voulaient enfin dénoncer la répression et la censure visant les étudiantEs mobiliséEs (expulsions, sanctions disciplinaires, ­interventions des forces de l’ordre…).

Un anti-impérialisme inscrit dans une histoire

Cette mobilisation s’inscrit dans la lignée de générations étudiantes qui ont refusé de coopérer avec des universités complices de forces impérialistes. Les étudiantEs ont souvent été à l’avant-garde des luttes anticoloniales et ont su, par le passé, construire des rapports de forces conséquents. Pendant les guerres du Vietnam et d’Algérie, ils et elles se sont constituéEs en alliéEs solides des peuples en lutte pour leur libération.

Le secteur universitaire de notre État impérialiste constitue un de ses outils de diffusion. Les partenariats universitaires avec Israël sont des appuis matériels et symboliques pour poursuivre les politiques coloniales. PrésentEs quotidiennement sur les campus, les étudiantEs ne peuvent se contenter d’observer : ils et elles agissent.

Répression physique et judiciaire 

Les présidences des universités concernées ont fait usage d’une répression sans précédent. Plusieurs étudiantEs de la Sorbonne ont fini la journée en garde à vue et plus de 70 étudiantEs de Sciences Po Paris ont subi des violences physiques et judiciaires.

Après l’intervention de plusieurs unités policières (dont la BRAV-M) dans l’établissement, les contrôles d’identité et les fouilles au corps ont duré plus d’une heure. Chaque étudiantE a été sanctionnéE d’une amende délictuelle de 500 euros et de l’ouverture d’un casier judiciaire. De plus, la menace d’exclusions temporaires ou définitives plane sur de nombreux étudiantEs déjà mobiliséEs avant cette occupation.

Une victoire à confirmer

La mobilisation s’est poursuivie les mercredi et jeudi, jusqu’au retrait de la proposition de loi Yadan. Si ce recul peut être vu comme le résultat du rapport de forces, nous devons rester prudentEs. Les macronistes ont choisi de décaler la présentation du texte au mois de juin. Dans cette séquence, nous devons nous mobiliser massivement, réaffirmer notre opposition à ce projet de loi liberticide, et imposer notre propre agenda anti-impérialiste.

Sara Laska

Pour aider les étudiantEs répriméEs à faire face, une cagnotte a été ouverte.