Réuni sous l’ombre portée de Donald Trump, le G7 a surtout confirmé l’alignement des puissances occidentales sur les intérêts stratégiques et énergétiques étatsuniens. Derrière les déclarations de principe, ce sommet dessine une coopération impérialiste renforcée, toujours construite sur le dos des peuples.
« I am the boss », déclarait Donald Trump en ouverture du G7. Il aurait pu le répéter lors de la réunion de clôture tant ce sommet fut aligné sur les intérêts stratégiques et énergétiques étatsuniens.
Déclarations lénifiantes et silences assourdissants
En plus de la déclaration centrale, géopolitique, le G7 débouche sur la signature de huit déclarations de principes sur : la lutte contre le cancer, la nécessaire « réponse coordonnée à l’épidémie d’Ebola », des « partenariats internationaux mutuellement bénéfiques », les « chaînes d’approvisionnement en minerais critiques » (comprendre : le « découplage » des économies industrialisées vis-à-vis de la Chine), « une croissance plus équilibrée, durable et résiliente », le « trafic de migrants », « les trafics de drogue » et « un espace numérique plus sûr pour les mineurs ». Le dérèglement climatique et la baisse de la biodiversité sont les grands absents de cette lénifiante litanie du monde merveilleux des dominantEs. Évidemment, nulle part il n’est question de levée de la propriété privée sur les médicaments, de sortie des fossiles ou de satisfaction des besoins sociaux…
La déclaration géopolitique condense les éléments centraux discutés lors de ce G7 : l’Ukraine, le Moyen-Orient et la zone indo-pacifique, pour laquelle elle valide la présence militaire étasunienne et énonce les poncifs habituels sur la Corée du Nord et ses armes atomiques.
Accord géopolitique sur le dos des peuples
Sur l’Ukraine, elle affirme : « Nous, les dirigeants du G7, sommes unis dans notre soutien indéfectible à l’Ukraine pour la défense de sa liberté, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale », et promet à la fois d’accroître les livraisons — et la production sur place — de défense antiaérienne et de missiles de longue portée, et de rétablir les sanctions contre la Russie concernant le gaz et le pétrole, levées pendant la fermeture du détroit d’Ormuz. Les pays ont également trouvé un accord sur la reconstruction des infrastructures énergétiques…
Le sommet aura été l’occasion de valider le narratif de Trump quant au « magnifique » accord signé avec l’Iran : « L’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, obtenu sous la conduite ferme (“strong leadership”…) du président Donald Trump (...) offre une occasion historique d’empêcher que l’Iran acquiert l’arme nucléaire. » Soutien apporté alors que les détails de l’accord ne sont pas fixés et que celui-ci, en actant d’ores et déjà de nombreux reculs pour l’administration étatsunienne, signe l’échec de la guerre menée par les États-Unis. Quelle que soit l’issue des négociations autour de l’accord États-Unis-Iran, il faudra se faire une place dans la reconstruction du pays et donc soigner aujourd’hui sa relation avec l’impérialisme étasunien. C’est ce que la France a tenté de faire en mettant en avant la « mission Ormuz » qu’elle codirige avec le Royaume-Uni.
Sur le Liban, le texte affirme son soutien — vœux pieux — à l’intégrité territoriale du Liban (sic), à un cessez-le-feu « robuste » (re-sic), mais comme moyen pour permettre le désarmement du Hezbollah… Il dénonce les « violences » en Cisjordanie et promet plus d’aide humanitaire à Gaza. Bien sûr, le texte ne mentionne jamais l’État d’Israël…
Ainsi, selon Macron, ce sommet « a été un moment d’unité, de discussion de qualité et de vraie coopération entre les dirigeants qui se retrouvaient ici. Ce sommet, en effet, nous a permis de nous coordonner de manière très étroite pour répondre aux crises et de travailler aux grands défis de notre temps ».
Une si belle entente ne peut que nous faire frémir, car elle se fait toujours sur le dos des peuples…
William Donaura