Publié le Mercredi 10 juin 2026 à 11h47.

Le G7 c’est la guerre et la destruction de la planète

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les institutions internationales n’ont pas vraiment démontré leur utilité pour construire la paix dans le monde, au contraire. Si on peut essayer de s’appuyer sur des résolutions ou des rapports de l’ONU pour construire des mobilisations, le G7, lui, est clairement une institution au service direct des puissances impérialistes.

Les pays du G7 représentent environ 10 % de la population et près de 30 % du PIB mondial (les 2/3 à sa création en 1975). La Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil (BRIC) n’y figurent pas, pourtant 2e, 6e, 9e et 10e économies de la planète, devant le Canada. Les pays appartenant au G7 dominent les votes au FMI et à la Banque mondiale à cause des systèmes de quotes-parts favorables aux grandes puissances. Clairement, leur politique est de maintenir l’ordre mondial existant, dans un contexte où l’hégémonie économique du « groupe des sept » est largement contestée.

 

Un ordre mondial inégalitaire

Or l’ordre mondial actuel, c’est l’explosion des inégalités. Selon Oxfam, la fortune des milliardaires a augmenté de 81 % depuis 2020 alors que près de la moitié de la population mondiale vit dans la pauvreté. Oxfam donne un autre chiffre intéressant : les milliardaires ont 4 000 fois plus de chances d’occuper un poste politique que les citoyenNEs ordinaires. Autrement dit, le pouvoir politique se concentre réellement dans les mains des plus riches.

Ce sont elleux qui alimentent le réchauffement climatique. L’année 2024 est l’année la plus chaude jamais ­enregistrée et les inégalités climatiques sont criantes : 10 % des plus riches sont responsables de 50 % des émissions de CO2. À l’inverse, 50 % des plus pauvres représentent 12 % des émissions de CO2 (source : World Inequality Lab).

 

Une militarisation avancée

Ce qui caractérise la période, c’est aussi l’augmentation des dépenses militaires. Celles-ci augmentent en lien avec l’extension des conflits armés et on atteint un niveau record de 2 887 milliards de dollars en 2025, soit 41 % d’augmentation depuis 10 ans. L’augmentation de ces dépenses est particulièrement forte en Europe où celles-ci ont triplé depuis 10 ans et font de l’Europe la première zone importatrice de la planète (plus d’un tiers des importations mondiales). Les pays du G7 représentaient, quant à eux, plus de 50 % des dépenses mondiales (plus  d’un tiers pour les États-Unis) et 70 % des exportations d’armes en 2024 (plus de 40 % pour les États-Unis, près de 10 % pour la France, second exportateur mondial).

Usuellement consacré à des discussions sur les politiques économiques à mener pour favoriser les plus riches et les plus grandes puissances, ce G7 pourrait bien être dominé par les enjeux militaires. Alors que Trump a désormais consolidé des accords économiques durables avec tous les membres du G7 et avant le sommet de l’OTAN à Ankara début juillet, cette rencontre sera une nouvelle occasion pour les États-Unis de négocier un soutien à leurs projets guerriers en Iran et à leur redéploiement stratégique vers la zone indo-pacifique.