Publié le Vendredi 6 février 2026 à 14h00.

Échec de la mobilisation d’Alliance Police nationale

Ce samedi 31 janvier, Alliance Police nationale, le puissant syndicat d’extrême droite, a appelé à une mobilisation dans toute la France hexagonale. Leur mot d’ordre, « Venez manifester votre soutien pour une police respectée et protégée », n’a cependant pas réussi à créer le raz-de-marée humain attendu.

N’en déplaise à Sarah Knafo, candidate à la mairie de Paris pour Reconquête, qui déclare en toute décontraction sur ses réseaux : « 70 % des Français (favorables à la police), les autres, c’est ceux qu’on doit abattre » (ou « battre » ? La qualité de la vidéo laisse planer le doute). Ce ne serait pas étonnant venant du parti fasciste d’Éric Zemmour, qui appelait la police à la guerre civile dans son discours devant Alliance en 2022 et qui avait lancé : « Vous êtes aux premières loges d’un combat de civilisation ».

Un coup de com’ pour l’extrême droite

Le syndicat se vante d’avoir réuni 45 000 personnes en tout et annonce le chiffre démesuré de 15 à 20 000 personnes à Paris. Sans surprise, la Préfecture ne communique pas de chiffres officiels, mais il est plus réaliste d’estimer 2 500 manifestantEs dans la capitale. Leur tentative de coup de force est donc un échec, pas seulement par la faible mobilisation, mais aussi par les participantEs : à Paris, un cortège essentiellement composé de flics, de cathos tradis et de groupes fascistes tels que l’UNI ou Némésis — loin d’un large soutien de citoyenNEs.

En revanche, le RN, dont le programme est repris par le très cathodique syndicat, peut se féliciter d’un beau coup de com’ pour les municipales. Thierry Mariani, candidat RN à la mairie de Paris, et Marion Maréchal, entouréEs de députéEs et de militantEs, en ont profité pour distribuer leur tract de campagne. Le soutien du RN sera d’ailleurs récompensé par Fabien Vanhelmeryck, porte-parole d’Alliance, qui déclare devant les caméras : « M. Nunez a fait le choix de l’absence, donc les policiers s’en souviendront ». Ce même Vanhelmeryck avait, entre autres, déclaré à Mediapart : « Marre des raclures, des nuisibles, des jeunes d’origine étrangère ». 

Qui nous protège de la police ?

Une semaine après l’étude de la loi sur la présomption de légitime défense à l’Assemblée, deux semaines après la mort d’El Hacen Diarra dans un commissariat, cette mobilisation sans réelle revendication apparaît comme un coup de pression sur le gouvernement. Et, en sous-texte, entre le discours de Fabien Vanhelmeryck et les diverses pancartes croisées, c’est également l’indépendance de la justice qui est remise en cause. Némésis, le collectif d’extrême droite fémo-nationaliste, s’est d’ailleurs fait applaudir avec sa banderole : « Violeurs, la police les arrête, la justice les relâche ». Alice Cordier, leur porte-parole, a aussi brandi une pancarte : « + de policiers – de Assa Traoré ». La honte, alors que beaucoup d’autres pancartes réclamaient « la fin de l’impunité ».

La fin de l’impunité pour qui ? Alors que la France est vice-championne européenne du nombre de personnes tuées par la police rapporté à la population. Alors que, depuis 2016, dans la France de Macron, les violences policières ont doublé. Alors qu’en cas de mort par la police, les poursuites sont extrêmement rares et n’aboutissent quasiment jamais à une condamnation. Alors qu’entre 2012 et 2025, 429 victimes ont signalé des cas de viols, agressions et harcèlement sexuel, commis par les forces de l’ordre.
Alliance veut « une police protégée », mais qui nous protège de la police ?

CorrespondantEs