Publié le Mercredi 15 avril 2026 à 15h38.

Face à la fascisation, construire l’unité de notre camp

La montée de l’extrême droite et des guerres impérialistes place la question de l’unité au cœur de la période. Construire un front antifasciste large, capable de porter une alternative, est plus que jamais une nécessité.

Les dernières municipales ont confirmé à la fois l’enracinement du RN et la porosité d’une large partie des droites à l’extrême droite.

Les digues continuent de céder, et la perspective d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir n’a jamais été aussi concrète. 

Empêcher la réalisation de ce scénario doit être la priorité de notre camp social et politique. Dans un rapport de forces dégradé, l’unité est aujourd’hui une condition décisive pour faire reculer les offensives des classes dominantes et barrer la route à l’extrême droite.

Un front antifasciste large, social et politique

C’est dans cette perspective que nous défendons la construction d’un front antifasciste articulant organisations politiques, syndicats, associations et secteurs du mouvement social. Un front qui ne soit pas seulement électoral, mais qui s’enracine dans les mobilisations, qui permette à la fois de faire face à la menace immédiate de l’extrême droite et de porter une alternative ­susceptible de mobiliser largement.

L’aspiration à cette unité existe dans les classes populaires. Elle s’était exprimée avec force lors de la séquence du Nouveau Front populaire, à laquelle les principales organisations politiques de gauche avaient dû se résoudre pour assurer leur propre ­représentation à l’Assemblée nationale.

Bien sûr, l’unité ne va pas de soi. Elle se heurte à des orientations divergentes à gauche, entre adaptation aux politiques néolibérales et volonté d’affrontement avec ces politiques, ainsi qu’à des dynamiques de divisions électoralistes.

Des obstacles à l’unité

Car depuis le NFP, cette unité a volé en éclats. Dans un contexte de concurrence pour l’hégémonie à gauche en vue de la présidentielle et des législatives, la séquence des municipales a accentué les divisions. 

Le centre gauche, pour tenter de récupérer le leadership à gauche, s’est engouffré dans les campagnes de diabolisation de LFI — de l’instrumentalisation de l’antisémitisme à la mise en cause de l’antifascisme —, ce qui lui permet de justifier son sectarisme et l’abandon du programme du NFP, qu’il n’avait accepté que contraint par le ­rapport de forces. 

De son côté, LFI, à travers la fermeture de ses listes dans de nombreuses communes, comme à travers certains discours ou postures, a souvent privilégié une logique de polarisation — un « avec moi ou contre moi » — plutôt que de créer les conditions des rassemblements les plus larges. 

Reste qu’il n’est pas question de renvoyer tout le monde dos à dos. C’est LFI qui a proposé un front antifasciste pour le second tour des municipales, et c’est encore LFI qui tient le cap d’un programme de mesures d’urgence sociales, démocratiques, antiracistes, féministes et écologiques. Pour nous, l’unité doit être la plus large possible, mais elle ne peut se construire que sur un socle clair, à même de répondre aux urgences.

Le NPA-A disponible pour des échanges sincères et loyaux

Dans ce contexte, la proposition de discussions formulée par La France insoumise ne peut être ignorée. Nous y répondons en affirmant notre disponibilité pour des échanges sincères et loyaux, portant à la fois sur les élections présidentielles et législatives.

Notre objectif est clair : travailler à l’unité la plus large possible, en recherchant les conditions d’une candidature commune capable de s’appuyer sur une dynamique militante et sur un programme d’urgence en rupture avec les politiques néolibérales.

Nous proposons également que ces discussions s’élargissent aux autres forces politiques et aux secteurs du mouvement social qui avaient participé à la dynamique du NFP, afin d’explorer concrètement les possibilités de construire ce front.

Dans les semaines à venir, ces échanges devront permettre de mesurer si les conditions permettent qu’un tel rassemblement se construise. Ils seront un élément important pour éclairer nos décisions à venir et pour donner une perspective à celles et ceux qui refusent la résignation face à la montée de l’extrême droite.

Face à la guerre, à la crise et à la fascisation, le NPA-A n’a qu’une priorité : construire l’unité de notre camp pour résister et ouvrir une alternative.

Olivier Lek Lafferrière et Martin Hache