À la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, le 27 août, Jean-Luc Mélenchon est interrogé sur les salaires. « Les salaires ? Il faut les augmenter. » La salle éclate d’un rire franc, spontané, partagé. Ces rires disent quelque chose d’un rapport de classe : pour le patronat, l’augmentation des salaires est une incongruité telle qu’il s’esclaffe à sa simple évocation.
Oui, il faut augmenter massivement les salaires, les pensions et les minima sociaux, relever le Smic et le point d’indice, et les indexer sur les prix. Pas pour soutenir la consommation et éviter la récession, mais parce que c’est une urgence sociale élémentaire : pour des millions de travailleurEs, augmenter les salaires est la condition pour pouvoir remplir le frigo, payer son loyer, se chauffer, cesser de compter chaque euro. Après des années de hausse du coût de la vie, celles et ceux qui produisent les richesses doivent pouvoir en vivre dignement.
Le rire du patronat, c’est déjà la lutte des classes. Il exprime crûment la violence sociale intrinsèque du capitalisme. Rire ici, c’est montrer que les besoins populaires ne sont même pas un objet de considération. Autant dire que nous n’obtiendrons pas une autre répartition des richesses par la persuasion ou par un accord raisonnable avec la bourgeoisie. Il faudra l’imposer par le rapport de forces : par les grèves, les mobilisations, l’organisation collective des travailleurEs.
La bataille sur les salaires pose déjà la question de qui décide de la répartition des richesses. Parce que la bourgeoisie ne se laissera pas faire, aller jusqu’au bout de cette logique signifie contester le pouvoir même de ceux qui décident aujourd’hui de ce qui est produit, comment, par qui et pour quels intérêts : arracher les moyens de production aux capitalistes pour les placer sous le contrôle de celles et ceux qui travaillent. C’est notre perspective anticapitaliste.