Publié le Vendredi 30 octobre 2026 à 12h00.

Les masses contre le fascisme ?

Avec du retard, nous publions un numéro double de la revue, où nous revenons sur la notion centrale de travail de masse, qui a pour objectif d’éclairer la manière dont nous concevons une partie prépondérante de notre activité. Alors que la fascisation démultiplie la dégradation de nos conditions matérielles et de nos possibilités de militer, elle renforce la nécessité de penser une intervention large qui permette de construire une résistance concrète aux temps qui viennent.

La rentrée de l’année 2026 - 2027 s’ouvre sur de belles mobilisations antiracistes et indiquent la combativité de notre camp (focus) : la lutte contre les violences policières, centrales dans les temps de la fascisation, a ainsi été au premier plan d’une période politique marquée par ailleurs par les controverses islamophobes organisées par l’extrême-droite. De fait, l’antiracisme irrigue notre intervention dans la lutte des classes et constitue un axe majeur de notre intervention politique. L’accroissement de la pression raciale sur notre classe est l’une des marques de la fascisation, face à laquelle la multiplicité des fronts de résistance est encourageante quant à nos possibilités de résister. Encore et tant qu’il le faudra, antifascistes et antiracistes, unitaires et révolutionnaires, nous oeuvrons à l’unification de notre classe.  

 

Renforcer le travail de masse 

Si la campagne présidentielle a commencé sur les bases racistes qu’on pouvait pressentir et que le choix historique de notre organisation de ne pas présenter de candidature propre transforme notre intervention, notre choix met aussi en lumière le caractère cardinal dans notre organisation du « travail de masse ».  Il nous faut donc revenir sur sa définition (voir le cadrage du dossier, p. 10 ) et les conditions de  de son actualisation. Se pencher sur l’articulation de ce qu’il était convenu de distinguer comme « oppression » de « l’exploitation »permet de réfléchir sur la manière de penser le travail de masse depuis le genre (p. 12 - 14), la race (p. 15 - 18) et les luttes anti-coloniales sur la Palestine (p.24 - 28). Dans une perspective de dialogue, nous reproduisons un article sous la forme de droit de réponse à notre précédente parution (p.40 - 42) sur la cause animale, et entamons l’explicitation de la notion de « ligne de masse » dans la tradition maoïste (p.36 - 38) pour nous ouvrir aux évolutions d’un mouvement qui retrouve un important dynamisme dans la jeunesse et les luttes anti-coloniales.

 

Une rentrée sociale à animer

La rentrée sociale est également dynamique avec un 29 septembre qui s’annonce réussi, au-delà d’un rendez-vous syndical traditionnel. Dès lors, faire le bilan des récents congrès syndicaux (p. 19 - 21 pour la CGT, et p.22 - 23 pour la CFDT) est utile pour  pour identifier les dynamiques internes aux cadres de masse que nous fréquentons le plus assidûment, et dont la réactivation est cruciale pour soutenir dans la rue le rapport de force avec le patronat et l’Etat néo-libéral et austéritaire. Dans le contexte de notre campagne contre la vie chère et pour la hausse des salaires, il faut participer aux dynamiques qui renforcent le mouvement syndical et l’orientent sur une base réelle d’opposition au capitalisme. Moyen indispensable de l’auto-organisation de notre classe, les syndicats sont aussi le reflet des difficultés majeures qu’elle rencontre.En complément, l’émergence d’un mouvement para-syndical, qui ressemble au dernier grand mouvement de lutte dans l’Enseignement supérieur et la recherche a le mérite de nous inciter à décloisonner nos perspectives de mobilisation depuis les lieux de travail (voir p. 30 - 35).  

 

«L’Algérie a vaincu, la Palestine vaincra ! », nos boussoles anticoloniales 

Le mois d’octobre qui arrive sera un mois de lutte anti-coloniale. Les très nombreuses mobilisations anti-militaristes en soutien à la Palestine constitueront une partie de notre agenda. Devant  la conversion de l’appareil productif dans sa globalité vers des objectifs impérialistes, l’antimilitarisme se déploie dans l’ensemble des espaces de luttes. Contre la militarisation du monde (p.4 - 6), on pourra présenter des luttes concrètes, comme  le modèle du boycott universitaire (p. 7 - 9) pour s’organiser et lutter par en bas. Enfin, dans la perspective des mobilisations en hommage aux algérien·ne·s noyé·e·s dans la Seine le 17 octobre, nous revenons sur les violences commises lors de la guerre d’Algérie, et en particulier sur l’invisibilisation des massacres commis sur les populations kabyles, par un entretien avec les auteur·e·s d’un récent ouvrage de témoignage (p.44 - 45).