Publié le Vendredi 19 janvier 2024 à 15h00.

Soutien à Geneviève Legay, contre toutes les violences policières

Le premier procès d’un donneur d’ordre de la police de la Ve République s’est tenu à Lyon les 11 et 12 janvier 2024. 

C’est celui du commissaire Rabah Souchi, qui a ordonné une charge à Nice lors du mouvement des Gilets jaunes, durant laquelle Geneviève Legay, Gilet jaune et militante d’Attac, a été violemment poussée par les policiers et s’est retrouvée dans le coma.

Refusant d’assumer, le commissaire utilise les lignes de défense habituelles en cas de violences policières : réécrire les faits, se défausser sur ses supérieurs ou ses subordonnés qui auraient mal exécuté ses ordres. Il n’a pas hésité, malgré la diffusion des vidéos de la scène, à expliquer que Geneviève serait tombée « parce qu’elle faisait une crise d’épilepsie » ! Il n’a pas convaincu le procureur, qui a rejeté l’acquittement et requis six mois de prison avec sursis ! 

Le jugement sera rendu le 8 mars 2024, journée internationale de lutte pour les droits des femmes… Comme un symbole !

Violences policières, racisme et colonialisme

À l’initiative d’Attac se tenait simultanément à la Bourse du travail de Lyon, à 250 mètres du tribunal d’instance, « le procès des violences policières » : journée de tables rondes, soutenue par le collectif « En deuil et en colère » du Rhône, des victimes et associations de victimes de ces violences, les associations de quartiers et de défense des droits humains, des syndicats et des partis. 

L’occasion de refaire l’historique de l’affaire Legay, puis de parler des violences policières, des morts, des mutiléEs, des procès qui ne se tiennent pas, des procès qui se tiennent où les victimes deviennent les coupables, coupables d’oser remettre en cause la police.

L’occasion aussi de (re)dire que les policiers des années 1970 et 1980 étaient souvent d’anciens appelés de la guerre d’Algérie, qui la poursuivaient en ­humiliant les jeunes des banlieues, qu’ils appelaient « les petits Fellagha »

Intervention de Philippe Poutou

Mais aussi de faire le lien entre ces violences, le colonialisme qui se poursuit, la crise qui s’approfondit, comme l’a fait Philippe Poutou qui intervenait pour le NPA dans l’atelier sur « les quartiers populaires, laboratoire des violences policières »

Il a rappelé le soutien du NPA aux révoltes de juin dernier que nos adversaires appellent « des émeutes » et la violente ­réaction que ce soutien a suscité au sein du Conseil métropolitain de Bordeaux où il est élu.

Comme l’a expliqué ensuite l’association Flagrant Déni, qui se bat contre l’impunité policière (www.flagrant-deni.fr), les commissions de déontologie, invisibles et inconnues de presque tout le monde, traitent 90 % des affaires de violences policières. La partie immergée de l’iceberg…

Supprimer l’IGPN et construire un front social et politique contre le racisme systémique

Ainsi, lors de cette table ronde, nous avons pu réclamer la suppression de l’IGPN, qui traite les 10 % d’affaires de violences policières restantes, celles qui sont médiatisées, pour la remplacer par une autorité indépendante pour contrôler la police.

Et laissons la conclusion à la salle — bien remplie pour un jour de semaine — dans laquelle une camarade de l’appel « Nous refusons d’obtempérer » s’est félicitée de cette journée et a appelé à poursuivre par un front social, politique avec les associations de quartier, car les raciséEs doivent porter ce combat avec d’autres forces, pour réussir à déconstruire le racisme ­systémique qu’ils subissent.