Publié le Lundi 16 mars 2026 à 17h13.

Loire Atlantique. Victoire après 104 jours de grève des éducs de rue

Les éducs « de rue » de l’Agence départementale de prévention spécialisée de Loire-Atlantique nous ont montré ces derniers mois qu’un mouvement fort et soudé et qu’une grève durable peuvent changer véritablement la donne.

En novembre 2025, leurs employeurs (département et mairies réunis en groupement d’intérêt public) les informent de la suppression de 22 jours de congés dans le cadre de l’application de la loi de 2019 sur les 1607 heures de travail annuel. Problème : ils et elles dépendaient auparavant d’une convention collective de droit privé beaucoup plus avantageuse au niveau des congés mais beaucoup moins au niveau des salaires. Pourtant, pour l’ADPS, il n’est alors pas question d’augmenter les salaires des professionnelLEs.

Un mouvement construit pour durer

Pour les éducs, c’est non ! Ils et elles se mettent en grève le 19 novembre, avec dès le début le sentiment que ce mouvement allait durer. Rapidement, ils et elles se réunissent quotidiennement en AG, organisent des commissions, décident de toutes les actions collectivement. Toustes les grévistes sont présentEs tous les jours, le collectif se crée, la solidarité se construit, l’expérimentation réelle de processus de démocratie collective soutient l’organisation de la lutte. Ils et elles montent rapidement une cagnotte pour abonder la caisse de grève et les dons des syndicats, des partis, des collectifs et des individus commencent à affluer, leur donnant l’espoir de tenir la grève plus longtemps. La caisse de grève atteint en effet plus de 55 000 euros à la fin du mouvement !

À la fin du premier mois de grève, une initiative festive par semaine est organisée (concerts, blind test… dans différents bars et lieux militants) pour fédérer les soutiens proches, garder le moral et se sentir soutenuEs, en plus de récupérer de l’argent.

Des actions publiques comme la perturbation des conseils municipaux sont mises en place pour réclamer une rencontre avec les employeurs. Cela prend davantage d’ampleur avec le lancement de la campagne municipale et la présence des grévistes dans toutes les réunions publiques des mairies concernées.

Des conquêtes importantes

Les négociations s’entament début février, soit après 2,5 mois de conflit. Et ce qui était une position complètement fermée des employeurs au départ se termine par une victoire des grévistes : ils et elles parviennent à maintenir 6,5 jours de congés, une augmentation des RTT, ainsi que des augmentations très conséquentes des salaires leur permettant d’être alignéEs sur les grilles de salaires des agents du département à 90 %. Les négociations doivent aussi continuer après les municipales avec les nouvelles équipes en place afin d’atteindre les 100 %.

Au total, c’est une augmentation entre 250 et 450 euros nets mensuels ! Une vraie avancée alors que les métiers à haute valeur sociale restent encore peu valorisés en comparaison des métiers à valeur marchande.

Cette grève victorieuse donne de l’espoir à toustes. À nous de porter cet exemple et de nous inspirer de cette grève pour redonner confiance dans nos luttes et leurs possibilités de gagner.

CorrespondantEs