Publié le Vendredi 13 juin 2014 à 00h02.

Bulletin cheminots : aujourd'hui dans la rue, demain on continue !

     Notre mouvement n'a pas faibli en ce deuxième jour de grève. Les AG des différentes gares ont voté la reconduction pour le vendredi bien souvent à l'unanimité. À Paris, des cortèges de gare, armés de banderoles et de panneaux, scandant des slogans, ont déferlé sur la place face au ministère des transports avec une sacrée pêche pour s'y réunir à 2000. Dans le reste de la France aussi, des centaines de cheminots ont défilé.

     Nous avons saisi l'occasion de riposter contre cette réforme de la direction et du gouvernement. Ne lâchons pas ! La réforme scinde l'entreprise en trois dans le but de nous diviser. Et si la réforme était votée, s'ouvriraient alors des négociations syndicats/patronat sur toute la réglementation du travail des cheminots. Dans le viseur de la direction et du gouvernement : 10 jours de repos en moins, des amplitudes de travail quotidiennes augmentées... Introduire plus de flexibilité pour supprimer toujours plus d'emplois. Cette réforme aggraverait donc les sales conditions de boulot que l'on subit au quotidien. A nous de militer activement pour son retrait. Mettons aussi sur la table entre collègues et lors des assemblées générales toutes les revendications qui sont aujourd'hui nécessaires pour que l'on puisse respirer au boulot et dans la vie : des augmentations de salaires et des embauches par exemple !

     Il ne suffit pas de faire grève deux ou trois jours pour faire reculer le gouvernement. Accompagné par les états majors syndicaux qui sont rentrés dans le jeu du ministère jeudi matin (en parlant d'avancées notables), le gouvernement tente de nous faire céder avec l'instauration d'un Comité central d'entreprise au niveau du groupe, ainsi que le report de 6 mois de l'abrogation effective du RH 0077. Ce ne sont même pas des miettes ! Mais direction et gouvernement ne remettront pas en cause les attaques contre nos conditions de travail engagées par la réforme puisque que c'est précisément pour faire des économies sur notre travail – ce qu'ils appellent « productivité » – qu'ils ont écrit ce texte de loi !

     Nous devons construire notre mouvement dans la durée et décider par nous même, démocratiquement, lors des assemblées générales, des suites à lui donner et des différentes actions qui jalonneront cette mobilisation.

     La balle est dans le camp des grévistes. Et pour se donner les moyens de gagner une grève, la bonne manière est de chercher par tous les moyens à l'étendre, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise. Servons-nous de notre temps libre pour tenir des piquets et aller chercher les collègues qui ne sont pas encore mobilisés. Certains ne sont pas en grève parce qu'ils croient que la réforme n'aura pas d'incidences sur leurs conditions de travail. Démontrons-leur le contraire ! D'autres ne font pas grève parce qu'ils pensent qu'on ne peut pas gagner. Après avoir bloquer une bonne partie du trafic pendant deux jours, notre force n'est plus à expliquer. Suggérons-leur que le rapport de force basculerait sérieusement en notre faveur si le mouvement s'étendait !

 

Nos préoccupations ne sont pas seulement celles des cheminots mais bien celles de tous les travailleurs...

     Bas salaires, sous effectifs, suppressions d'emplois, cadences infernales (et chefs infernaux!)... Les problèmes  sont les mêmes dans toutes les entreprises, dans le privé comme dans le public. Pour augmenter le rapport de force, il faudra penser à se rapprocher des travailleurs d'autres secteurs. Plusieurs hôpitaux se mobilisent en ce moment contre la fermeture de services et le manque de personnels. De même, des postiers d’Île de France, de Marseille, de Nantes, etc. se sont mobilisés ces dernières semaines contre des restructurations. D'ailleurs des postiers du 92 sont en grève depuis plusieurs mois maintenant pour des embauches de précaires en CDI et le refus de suppressions de postes. Dans le privé, les plans de licenciements se succèdent (Bouygues , Siemens...) et ne passent pas comme des lettres à la poste. C'est en revendiquant le retrait de la réforme et en avançant des revendications précises comme des embauches et des augmentations de salaire que nous pourrons avoir l'oreille et être soutenus par le reste du monde du travaille. Et pourquoi pas, les entraîner avec nous dans la lutte !

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