Publié le Mardi 24 juin 2014 à 16h32.

La grève contre la réforme ferroviaire, une étape vers l’affrontement avec ce gouvernement

La grève des cheminots est le premier affrontement d’ampleur du monde du travail face à ce gouvernement. La colère sociale, le rejet du gouvernement s’exprime autrement que sur le terrain électoral. La grève, même si elle n’obtient pas le retrait de la réforme, est un premier avertissement pour infliger des défaites au gouvernement et au patronat. Mais pour cela, nous devons tirer les premières leçons pour taper plus fort et gagner la prochaine fois.

 

Organiser la colère pour construire des grèves majoritaires

Au début de la grève, personne ne croyait qu’elle durerait aussi longtemps. Mais la combativité des cheminotEs, notamment des jeunes grévistes, a installé la grève dans la durée.

Les fédérations cheminotes CGT et SUD et localement FO, ont été dans le camp de la grève mais n’ont pas construit un affrontement permettant de gagner. En effet, pour gagner, il ne fallait pas hésiter à revendiquer le retrait de la réforme, à préparer un mouvement qui durerait plusieurs semaines, avec des caisses de grève, des manifestations nationales à Paris, des piquets de grève pour construire une grève majoritaire qui arrête totalement la circulation des trains, une grève active où chaque gréviste prend par à la construction du mouvement.

Partout où cela a commencé à être fait, la grève a tenu plus longtemps avec des taux de grévistes plus élevés, notamment en région parisienne.

 

C’est aux cheminotEs de diriger leur grève !

Les AG ont permis aux cheminotEs, syndiquéEs et non-syndiquéEs, de décider de la poursuite du mouvement, d’organiser les actions, les tournées dans les gares ou encore des blocages de voies. Des AG ont voté l’organisation de manifestations. Beaucoup d’entre elles ont été des espaces de discussion et se sont positionnées pour le retrait pur et simple de la réforme, montrant que « l’amendement Chassaigne » ne changeait rien à la réforme.

Une « AG des AG » s’est même mise en place en région parisienne avec des cheminots de nombreux sites. Malgré ses limites, elle a été un premier pas pour que les grévistes prennent en mains leur grève et ne s’en remettent pas entièrement aux organisations syndicales, surtout lorsque celles-ci privilégient le dialogue social ou appellent ouvertement à mettre fin à la grève. 

 

Préparer le tous ensemble !

Aujourd’hui, les parlementaires votent la réforme dans laquelle le RH 0077 est abrogé. Pour le remplacer, le patronat et les organisations syndicales négocient une nouvelle convention collective de toute la branche ferroviaire. Pour que les cheminotEs ne voient pas leurs conditions de travail continuer à se dégrader, nous devons nous préparer dès maintenant à construire une nouvelle grève reconductible encore plus forte que celle que nous venons de vivre, et qui revendiquera également l’abrogation de la réforme actuelle.

La réforme du ferroviaire n’est pas un sale coup isolé. Les attaques contre les travailleurs pleuvent de toute part : pacte de responsabilité, réforme du statut des intermittents, gel des salaires et licenciements. Le gouvernement PS, au service du Medef, mène une offensive généralisée. Face à cela, pour gagner et inverser le rapport de force avec le gouvernement PS-Medef, il nous faut une politique pour préparer le tous ensemble, une grève générale de tous les secteurs. Lors de la lutte des cheminots, des premiers embryons de convergence ont eu lieu, notamment avec les intermittents et parfois des postiers. Demain, c’est l’ensemble des secteurs du monde du travail et de la jeunesse qui devront faire de même !

Une telle confrontation se prépare aussi sur la durée. C’est pourquoi il est important de s’organiser, dans nos organisations syndicales mais également dans des partis comme le NPA qui sera un outil précieux pour la construction des bagarres à venir.

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