Publié le Jeudi 12 mars 2026 à 17h39.

À Ivry sur Seine, un Front populaire pour une banlieue rouge

Ville ouvrière et populaire de la « première couronne » de Paris, Ivry a célébré en 2025 ses 100 ans de gestion communiste. Après une longue période de désindustrialisation, la ville est redevenue attractive et se couvre de chantiers. À l’horizon 2040, la population devrait passer de 60 000 à 84 000. La question se pose donc d’accueillir les nouveaux habitants tout en limitant les effets de la « gentrification » et en améliorant les acquis sociaux de la population, menacés par les politiques austéritaires.

L’unité, la démocratie

Dans ce contexte mais surtout devant la situation nationale et internationale, le comité NPA-A d’Ivry a répondu positivement à une proposition du PCF local et contribué à créer le Front populaire ivryen qui réunit le PCF, LFI, les Verts, le NPA/A, l’Après et Génération·s, mais aussi un groupe d’IvryenNEs désignés par une votation populaire. La liste prévoit aussi d’ajouter 8 conseillerEs extra-communautaires donc privés du droit de vote pour faire vivre « je vis ici, je décide ici ». Des valeurs qui vont à l’encontre du programme du RN qui se présente pour la 1re fois sur la ville.

Un féminisme bien présent

En novembre dernier, une victime de viol a dénoncé le soutien qui avait été apporté à son agresseur par des éluEs PCF, au prétexte d’une « amitié de 30 ans ». Cette conduite, révélatrice des problèmes profonds qui traversent tous les partis, a occasionné une crise salutaire. Des éluEs ont dû démissionner et de nombreuses militantes de toutes appartenances sont intervenues avec force pour en finir avec la complaisance envers les agresseurs. Cette mobilisation a abouti à l’insertion dans le programme municipal d’une charte, prévoyant, par exemple, la suspension conservatoire de la majorité de toutE éluE suspectéE de VSS ou de soutien à un individu suspecté. Même préoccupation avec l’obligation pour les éluEs de suivre une formation sur les VSS, formation qui sera élargie au personnel municipal afin d’améliorer les modalités d’accueil des victimes.

Un programme social et écologiste

Face aux politiques d’austérité et sécuritaires, les mesures comme le renforcement du quotient familial, la lutte pour la baisse du temps de travail des agentEs ou le refus de la création d’une police municipale occupent une large place dans le projet du FPI. Il faut également que la population soit enfin informée des dangers pour sa santé que représentent les incinérateurs de nouvelle génération, à Ivry comme à Vitry.

Par ailleurs, les projets immobiliers se multiplient et les promoteurs font leur beurre sur le dos des nouveaux arrivants, mais les mesures d’accompagnement se font attendre, en particulier les transports en commun promis. Le FPI défend un taux de 40 % minimum de logements sociaux dans tous les nouveaux projets immobiliers, mais la plus grande vigilance sera nécessaire dans ce domaine.

Si nous avons un élu dans le prochain conseil, nous participerons loyalement à la majorité municipale, mais nous conserverons notre autonomie de vote, y compris sur le budget. Mais la priorité aujourd’hui est déjà d’assurer le succès de la liste du Front populaire ivryen menée par le maire sortant, Philippe Bouyssou.

Le comité NPA-l’Anticapitaliste d’Ivry