Publié le Mardi 8 décembre 2015 à 10h18.

Souscription : Suivez l’argent !

Dans un budget, l’argent, ça rentre... et ça sort. Et au NPA, pourquoi et comment ?

D’où vient-il ?

Le NPA n’a que deux sources de financement : les cotisations versées par ses membres, et les dons versés par ses sympathisantEs... et par certains de ses membres. Eh oui, certains d’entre eux donnent un petit plus en fin d’année. N’ayant pas récolté plus de 1 % des suffrages dans 50 circonscriptions lors des dernières législatives en 2012, soit le ticket d’entrée pour commencer à toucher l’aide de l’État, le NPA ne touche plus un centime d’argent public, comme ce fut le cas entre 2007 et 2012. Le NPA se retrouve donc dans une situation de totale indépendance financière. Mais celle-ci a, si l’on ose dire, un coût..

Car si le NPA n’a jamais voulu construire son budget courant à partir des aides publiques de la législature 2007-2012 pour justement préserver son indépendance structurelle vis-à-vis de l’État, ce financement lui permettait d’avoir une trésorerie et d’assurer une certaine présence électorale. La philosophie était donc globalement la suivante : l’argent des militants et sympathisants allaient au budget courant, l’argent de l’État « revenait » à l’État dans le cadre des différents scrutins auxquels ­participaient le NPA.

Dépourvu d’aides depuis 3 ans, le NPA est donc structurellement en capacité d’assurer ses dépenses courantes. Rien de plus. Notre absence aux élections régionales de ce week-end en est la conséquence brutale. Nos recettes couvrent donc tout juste nos dépenses. Et nous n’avons pas de trésorerie. En clair, les sous sortent au compte-gouttes, au fur et à mesure qu’ils entrent...

Où va-t-il ?

Pour fonctionner, notre parti imprime un journal hebdomadaire et une revue mensuelle, des tracts, des affiches, des autocollants et des brochures. Il doit aussi en payer le transport et la diffusion. Si la quasi-totalité des tâches sont prises en charge bénévolement, et ce à tous les niveaux, il doit malgré tout rémunérer quelques permanents indispensables au niveau central. Nos modestes locaux doivent être assurés, entretenus, leurs charges payées. Des salles et du matériel de sonorisation doivent être loués pour nos meetings ou pour différentes manifestations. Des commissaires aux comptes doivent être payés pour certifier nos comptes annuels, étape légalement indispensable. Poste coûteux, les déplacements des militantEs pour les réunions internes, comme ceux de nos porte-parole, doivent être remboursés. Et pourtant, tout le monde voyage en classe éco, personne ne se fait rembourser le moindre sandwich... Et bien sûr, les communications doivent être réglées, des consommables en tous genres doivent être commandés pour « faire tourner la boutique »...

Redisons-le : si toutes ces dépenses courantes sont aujourd’hui couvertes, tout se joue sur le fil, tout est calculé au minimum, sans trésorerie. Chacun de vos euros est donc précieux pour couvrir ce budget minimal, lequel ne comprend donc pas les très coûteuses échéances électorales, et tout mouvement d’ensemble qui, par définition, ne se prévoit pas.

Et que dire des frais de justice qui risquent d’exploser dans le cadre de l’état d’urgence (bientôt permanent...) ? Car braver l’interdiction de manifester a aussi un coût financier. L’argent est bien le nerf de la guerre.

Sylvain Madison

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