Publié le Mercredi 9 septembre 2026 à 11h44.

Clap de fin pour le bloc « droite-macroniste » ?

« [Le surgissement du fascisme] n’est pas une agression extérieure, mais une décomposition intérieure » (Theodor W. Adorno, 1967).

 

Alors qu’une partie de la gauche n’imagine qu’un second tour Le Pen-Mélenchon, il est un autre acteur dont nous aurions tort de sous-estimer la responsabilité dans la fascisation actuelle.

Attal, Philippe et Retailleau cherchent à construire un bloc post-macroniste capable de survivre à Macron, en assumant un déplacement toujours plus net vers la droite : propos islamophobes, surenchères sur l’immigration, défense de la loi « permis de tuer », mise à sac de la protection sociale et des retraites, saignées dans les services publics et la protection environnementale…

Cette politique est lourde de conséquences : elle légitime les idées réactionnaires, accentue la casse sociale et démocratique qui nourrit le RN et favorise le transfert de l’électorat libéral vers l’extrême droite. On le constate en Saxe-Anhalt, où la percée de l’AfD est largement alimentée par l’ancien électorat FDP/CDU. Mais c’est le cas également en France, où une partie importante de l’électorat âgé, longtemps acquis à la droite, se tourne désormais vers le RN.

Cette droitisation ne signifie pas nécessairement la disparition de ce bloc. Attal, Philippe, Retailleau et d’autres peuvent encore tenter d’en recomposer les différentes fractions autour d’un programme mêlant austérité, autoritarisme et offensive réactionnaire. Nous ne devons pas oublier que, dans la résistible ascension du fascisme, le bloc bourgeois est le marchepied — et qu’il n’a pas dit son dernier mot. 

La risque d’un duel entre l’extrême droite et un post-macronisme unifié à droite n’est pas mince. Nous devons la conjurer de toutes nos forces, par la mobilisation et la perspective d’une rupture anticapitaliste.