À huit mois de la présidentielle, la « gauche non mélenchoniste » offre surtout le spectacle de son propre embourbement. Pendant ce temps, la campagne de Jean-Luc Mélenchon avance. Pour le NPA-l’Anticapitaliste, l’enjeu est de contribuer à en faire le point d’appui d’un front social et politique capable de battre l’extrême droite et de rouvrir un espoir.
La « gauche non mélenchoniste » embourbée
De leur côté, les adhérentEs du PCF ont validé la candidature de Fabien Roussel à 72 %. Mais le parti s’érode : 37 620 adhérentEs étaient appeléEs à voter en 2026, contre 49 231 en 2018, tandis que son poids électoral national s’affaiblit.
La « grande primaire » de la gauche hors LFI a fini par se réduire à une primaire du pôle PS/Place publique. Sept candidatEs sont déjà annoncéEs : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Philippe Brun, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Fabien Verdier, sans qu’on sache s’ils pourront débattre ensemble. François Hollande, lui, attend son heure : il compte sur l’écroulement de la candidature issue de la primaire et publie un livre-programme.
François Ruffin, tout en « se reniflant » avec Dominique de Villepin, frappe à la porte de la primaire, ce qui divise les organisateurs. Les Écologistes et l’Après, qui avaient beaucoup misé sur une primaire large, se retrouvent sans débouché évident et sont divisés sur la marche à suivre.
Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura une candidature de centre gauche, réduite à un socle social-libéral, qui aura bien du mal à porter un programme enthousiasmant et dont la campagne risque dès lors de se réduire largement à faire campagne contre : contre le RN, contre la droite, mais aussi contre la campagne de Mélenchon.
La dynamique existe
En face, la campagne de Mélenchon déroule. LFI dispose d’un candidat identifié, d’un programme et d’une force militante. Elle parvient à imposer dans le débat public des questions comme les salaires, les retraites, la planification écologique…
Ce n’est pas notre programme, nos divergences avec LFI sont réelles et il n’est pas rare que nous tiquions devant telle ou telle déclaration. Mais c’est aujourd’hui la seule candidature qui rassemble à une échelle de masse sur une ligne de rupture à gauche avec le macronisme. Elle peut devenir le point d’appui électoral d’un front social et politique beaucoup plus large contre l’extrême droite. C’est le sens de l’orientation adoptée en juin par le NPA-A : ne pas ajouter une candidature supplémentaire, construire un large front antifasciste , qui ne s’arrête pas aux élections, et œuvrer au rassemblement de la gauche pour porter une rupture.
Faire front
L’enjeu est que cette dynamique déborde largement LFI et rassemble forces politiques, syndicales et associatives, collectifs antiracistes, féministes, LGBTI+ et écologistes, ainsi que toutes celles et ceux qui veulent empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir et éviter un duel droite-RN.
Nous prendrons toute notre part à cet effort, en conservant notre indépendance politique, nos expressions et nos mobilisations. Quel que soit le résultat, il faudra des luttes, des grèves et de nombreux militantEs forméEs et organiséEs pour imposer une rupture, résister à la fascisation et construire une autre société.