da défaite du putsch ouvre une situation révolutionnaire. Comités, milices et collectivisations font émerger un nouveau pouvoir populaire.
L’incapacité du gouvernement à faire face au coup d’État lui porta un coup énorme. Sa police et son administration étant désorganisées ou discréditées, le gouvernement avait perdu toute capacité d’action concrète. À l’échelle municipale, régionale et nationale, les institutions ne constituaient plus que des coquilles vides, puisque le pouvoir appartenait de fait aux organisations populaires qui avaient assuré la défaite des militaires.
Du front antifasciste à la révolution
Dans toutes les villes et les villages non conquis par l’armée, des comités révolutionnaires s’étaient mis en place. Dans les jours qui suivirent le coup d’État, ils furent amenés à organiser la résistance, mais aussi, par voie de nécessité, à s’occuper du ravitaillement, des transports, de la justice et de la police. Dirigés par des militantEs révolutionnaires, ces comités commencèrent à réorganiser l’économie et la société.
Dans les campagnes, les comités villageois firent occuper les grands domaines, mirent en commun les terres, le matériel et les récoltes. Dans beaucoup d’endroits, l’argent fut aboli, les comités mettant en place une organisation économique communiste, fondée sur la redistribution des biens produits collectivement.
Dans les villes industrielles, particulièrement en Catalogne, des centaines d’entreprises passèrent sous le contrôle des travailleurEs. Les transports, les tramways, les chemins de fer, les usines métallurgiques, les hôtels, les théâtres ou les hôpitaux étaient administrés par des comités ouvriers. À Barcelone, la révolution transforma radicalement la vie quotidienne : les grands hôtels servirent de cantines populaires collectivisées, les hiérarchies sociales disparurent, les vieilles formules de politesse furent abandonnées, la place des femmes fut radicalement transformée.
Un triple pouvoir
La résistance antifasciste avait ainsi ouvert une situation révolutionnaire, qui mettait face à face trois pouvoirs. Celui de l’armée, mise en échec mais non éradiquée, et qui pouvait compter sur le soutien de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. Celui des milices populaires qui mettaient en place sur le terrain un pouvoir communiste, mais dont les comités ne se coordonnaient pas, en raison des réticences des anarchistes à organiser l’État révolutionnaire. Enfin, celui du gouvernement, qui avait perdu toute autorité réelle, mais pouvait compter sur le soutien de l’URSS stalinienne.