Publié le Dimanche 3 mai 2026 à 09h00.

Adelante Andalucía montre la voie

L’importante progression d’Adelante Andalucía aux élections andalouses tranche avec le recul général de la gauche de transformation dans l’État espagnol. Un résultat qui confirme qu’une politique ancrée dans les réalités sociales et populaires peut encore ouvrir des perspectives face à la droite et à l’extrême droite.

Les élections au Parlement de la Communauté autonome d’Andalousie risquaient de devenir le quatrième épisode d’un mauvais cycle électoral après les élections en Estrémadure, en Castille-León et en Aragon. Et effectivement, le tableau général le confirme : la droite du PP l’emporte, l’extrême droite se consolide, le PSOE stagne ou perd du terrain et, à sa gauche, la coalition Por Andalucía (Sumar, IU, Podemos) continue de payer le prix de sa politique — passée ou actuelle — de collaboration avec le Parti socialiste.

Une percée électorale

La seule véritable inconnue concernait le résultat d’Adelante Andalucía, parti andalou lancé par Anticapitalistas en 2022 après l’expérience infructueuse des candidatures de coalition avec Podemos et Izquierda Unida. Lors des élections de cette année-là, Adelante n’avait obtenu que 2 sièges et 168 000 voix, contre 5 sièges et 282 000 voix pour la coalition IU-Sumar (Por Andalucía).
Et cette inconnue s’est résolue de manière très positive. Avec 8 sièges et 400 000 voix, Adelante Andalucía s’est imposé comme le fait marquant de ces élections, devançant même l’extrême droite à Cadix et à Séville.

Quelles explications ?

Quels ont été les facteurs clés de cette croissance spectaculaire en ces temps difficiles ? Comme l’expliquent Jose Ignacio García (tête de liste) et Teresa Rodriguez (fondatrice de la coalition), trois éléments expliquent cette progression.

Elle repose d’abord sur une politique de défense intransigeante, mais concrète, au plus près des problèmes quotidiens, des intérêts des travailleurEs et des classes populaires, qu’il s’agisse du logement, de la santé ou de l’éducation.

Elle s’appuie également sur la revendication d’une identité andalouse populaire et d’une souveraineté populaire contre les élites, non soumise aux pouvoirs centraux de l’État, à leurs politiques néolibérales ou aux diktats des politicienNEs de Madrid.

Enfin, Adelante Andalucía a mené un véritable travail de « fourmi », très proche des gens, en symbiose avec le caractère joyeux profondément ancré dans la culture andalouse.

Un succès qui ouvre de nouveaux défis

Ces trois éléments de campagne sont le fruit d’un travail de longue haleine et ont permis de « sortir du désespoir » (J. I. García) une partie de la population, notamment les jeunes, qui sans cela se serait abstenue ou aurait pu orienter sa frustration vers l’extrême droite.

Ce succès électoral montre qu’il existe une voie à gauche pour freiner l’avancée de la droite et de l’extrême droite.
Adelante Andalucía est désormais confronté à de nouveaux défis : se consolider sur le plan organisationnel, mais aussi poursuivre son développement dans un esprit d’unité, de radicalité et d’affirmation andalouse, avec des initiatives capables de remettre en cause l’hégémonie actuelle de la droite en Andalousie. Le PP n’a d’ailleurs pas retrouvé la majorité absolue dont il disposait lors de la précédente législature et se voit contraint, malgré ses dénégations durant la campagne, de s’allier à l’extrême droite de Vox. Comme le résumait J. I. García : « ce n’est que le début ».

CorrespondantE