Publié le Mercredi 8 juillet 2026 à 11h56.

Fermons les abattoirs

Face à l’exploitation animale et à ses conséquences sociales, sanitaires et écologiques, revendiquer la fermeture des abattoirs, c’est porter une remise en cause du système capitaliste.

 

En France, rappelons-le tant qu’il le faudra, c’est plus de 95 % des cochons et des poules dites « de chair » qui sont enferméEs dans des conditions insoutenables, sans jamais connaître la couleur du ciel ou la douceur de l’herbe. 3 % des exploitations concentrent plus de 60 % des animaux exploitéEs. Trois millions d’animaux non humains sont abattus (animaux aquatiques non compris) chaque jour dans notre pays, et 8 milliards à l’échelle mondiale (animaux aquatiques compris). C’est cela dont il est question : un système organisé, de la naissance à la mort, subventionné par nos États, régulé par nos politiques, tout cela dans le seul et unique but d’enrichir les capitalistes qui contrôlent d’immenses entreprises.

 

Politiser les luttes contre l’exploitation animale

Malgré ces chiffres ahurissants, qui sont désormais connus, les manifestations et luttes contre l’industrie de l’élevage et de la pêche sont rares dans notre pays. D’un côté, elles sont cantonnées à un milieu antispéciste et animaliste qui agit sans se penser comme une composante du mouvement social dans son ensemble et dont toute une frange assume un transpartisanisme dépolitisant. D’un autre côté, la gauche, dont notre parti, a minimisé, parfois méprisé les luttes contre l’exploitation animale, malgré l’héritage révolutionnaire du 19e siècle. 

Pourtant, il est indispensable de politiser la question de l’exploitation animale : les intérêts des animaux sont incompatibles avec ceux du capital et il est crucial, dans la période, de se démarquer de l’extrême droite, qui l’utilise pour servir son agenda raciste. La fin de cette exploitation passera par des luttes politiques. Les lobbies, tenants des plus grosses industries, l’ont bien compris et continuent de gagner du terrain, la loi Duplomb et la loi dite d’urgence agricole en étant encore de récents exemples.

Emparons-nous de ces questions pour en faire des enjeux centraux, tant durant la campagne présidentielle qu’à plus long terme ! 

 

Pourquoi s’attaquer aux abattoirs ?

La canicule de juin a été un rappel glaçant de la réalité de l’élevage en France : au moins 3 millions de poules dites « de chair » sont mortes de chaud, sans compter les espèces pour lesquelles nous n’avons pas encore de chiffres. L’élevage, et en particulier l’élevage intensif, sont des aberrations : l’exploitation animale est une cause majeure du dérèglement climatique, dont les animaux non humainEs sont parmi les premières victimes. Il nous faut revendiquer l’interdiction d’urgence des exploitations industrielles et planifier leur démantèlement.

La fermeture des abattoirs est une revendication radicale essentielle dans cet objectif. En s’attaquant aux abattoirs, on s’attaque à la marchandisation des corps non humains, à l’exploitation et aux profits. S’attaquer aux abattoirs, c’est aussi soutenir et délivrer les travailleurEs de ces usines opaques, trop souvent oubliéEs dans nos luttes et revendications alors qu’iels sont elleux aussi victimes de l’exploitation animale capitaliste. La fermeture des abattoirs doit se faire sous leur contrôle et sans perte de salaire jusqu’à reconversion.

Il n’est plus possible de continuer dans cette direction, avec toujours plus de souffrance, de sang et de mort chaque jour. La manifestation pour la fermeture des abattoirs prévue le samedi 11 juillet à Paris est finalement annulée en raison de la canicule, mais nos revendications n’en sont que renforcées.