Publié le Mercredi 1 juillet 2026 à 15h00.

Canicule : écoles en surchauffe, élèves et personnels en danger

Maintien des épreuves du baccalauréat et du brevet, fermetures ponctuelles d’établissements, conseils bidons : face aux températures de la semaine dernière, le ministre de l’Éducation nationale a fait l’aveu que les établissements scolaires ne sont plus adaptés au climat dans lequel nous vivons.

Il faut dire que l’absurdité de la situation devient difficile à nier : comment prétendre garantir l’égalité entre les candidatEs lorsque certainEs d’entre elleux doivent composer ou passer un oral dans des établissements transformés en fournaises ? Le dérèglement climatique provoqué par le capitalisme n’est plus une menace lointaine. Il est déjà là, dans les salles de classe, dans les cours de récréation minéralisées et dans les bâtiments mal isolés, hérités de décennies de sous-investissement. Les établissements ont été construits pour un climat qui n’existe plus.

 

La crise climatique dans les salles de classe

Les conséquences sont immédiates. Apprendre devient plus difficile, enseigner devient plus pénible, travailler devient parfois dangereux. Les enfants sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. Fatigue, déshydratation, difficultés de concentration, baisse des capacités d’attention et troubles du sommeil affectent directement les apprentissages. Les personnels sont eux aussi exposés à des conditions de travail dégradées, parfois pendant plusieurs heures d’affilée dans des salles surchauffées.

Comme souvent, les premières victimes sont les classes populaires. CertainEs élèves rentrent chez elleux dans des quartiers déjà frappés par les îlots de chaleur urbains. La crise climatique renforce les inégalités sociales déjà existantes.

 

Le bâti scolaire n’est pas adapté

Dans de nombreux établissements, les températures dépassent dès le matin les 30 °C (36 % d’humidité / 30,2 °C dans un lycée de la banlieue de Rouen), culminent l’après-midi (34 % d’humidité / 35 °C dans une école maternelle du Loir-et-Cher) et ne descendent pas la nuit (43 % d’humidité / 31 °C dans un internat de l’Indre). Ces relevés sont directement faits par les personnels car il n’existe souvent aucun relevé officiel et systématique. Pourtant, aucunE salariéE ou élève ne devrait avoir à travailler plusieurs heures d’affilée dans des locaux surchauffés.

Mais mesurer ne suffit pas. Ces relevés doivent déclencher des mesures automatiques de protection : adaptation des horaires, suspension des activités physiques, déplacement des cours vers des espaces plus frais, report des examens et, si nécessaire, fermeture des établissements.

 

Une catastrophe politique, pas une fatalité naturelle

Le gouvernement se contente alors d’organiser la pénurie : quelques consignes sanitaires, des recommandations de « bon sens » — certains rectorats se sont ­contentés de conseiller aux candidatEs du brevet et du bac de prendre une gourde — et des adaptations locales censées compenser des décennies d’abandon du service public. Dans de nombreuses communes, ce sont des parents d’élèves qui se sont chargéEs de recouvrir les fenêtres ou de fournir des ventilateurs.

Il ne s’agit pas d’un problème technique mais d’un choix politique. Pendant des années, les gouvernements successifs ont réduit les dépenses publiques, fragilisé les collectivités territoriales et traité les services publics comme des coûts à maîtriser plutôt que comme des biens communs à protéger. Aujourd’hui, la facture de ces politiques est payée par les enfants et les personnels.

Adapter l’école au réchauffement climatique exigera des investissements massifs : isolation thermique des bâtiments, végétalisation des cours, désimperméabilisation des sols, création d’espaces ombragés et de véritables refuges climatiques dans tous les quartiers populaires.