Les dernières mesures d’audience le confirment, Radio Nova s’impose comme la petite radio qui grimpe, qui grimpe... La migration de Guillaume Meurice et de certainEs de ses comparses vers la chaîne semble avoir enclenché une réelle dynamique...
Avant d’en parler, autant y aller voir. Ou plutôt, écouter ! C’est parti pour une semaine avec ma radio bloquée sur la fréquence de Nova... Le grand mix... c’est elle. Ce qui frappe, d’emblée, c’est une impressionnante présence publicitaire ! Pff... Mais Nova, ce n’est pas que la pub, c’est aussi une radio musicale. Et c’est un son, un rythme, proche du zapping.
On a testé pour vous !
Nova, c’est aussi des rendez-vous, comme Nova le matin, « matinale culturelle et musicale » avec un duo d’animateurEs plutôt incisifEs, Ségo Raffaitin et Azzeddine Ahmed-Chaouch, qui donnent un ton. Et puis La Riposte, d’Akim Omiri, une émission hebdomadaire distillée quotidiennement en formats courts, un impertinent politique, pote de la bande à Meurice.
La bande, parlons-en ! Leur émission, La dernière, enregistrée en public, outre une succession de chroniques, accueille chaque semaine unE invitéE sérieuxE : scientifique, linguiste, économiste, toujours très pointuE, critique et le plus souvent passionnantE.
La bande qui porte l’audience de Radio Nova est également vaporisée sur la grille, via ses chroniqueurs, à l’instar de Aymeric Lompret, probablement l’homme qui cite le plus souvent Philippe Poutou sur les ondes ! Dernier étage de la fusée, les podcasts. Les émissions, découpées en séquences de quelques minutes, sont diffusées sur l’antenne ou via les plateformes et battent des records d’audience.
Nova, n’est-ce qu’une radio ?
Radio Nova, c’est aussi une histoire : elle se déclare la continuatrice des radios libres. Ses fondateurs s’inspirent de Radio Caroline — radio pirate offshore du 20e siècle émettant depuis un navire ancré dans les eaux internationales. Puis Jean-François Bizot, le patron d’Actuel, magazine de contre-culture, tendance Mai 68, en prend les rênes, au moment où Mitterrand libéralise les ondes. Eh oui, avant 1981 la radio publique, en France, était un monopole, que contournaient les radios « périphériques » (RTL et RMC).
Le cours actuel de Radio Nova, qui propose une ligne éditoriale carrément à contre-courant, renvoie d’ailleurs... à Mai 68. Alors que la radio d’État les mettait sous l’éteignoir, les émeutes étaient couvertes par les radios périphériques... Et à l’issue de la grève générale, un nombre significatif de journalistes viréEs du service public avaient trouvé refuge sur RTL...
Pigasse, un projet politique ?
Mathieu Pigasse (né le 25 mai... 1968) achète Radio Nova en 2015. Haut fonctionnaire, issu de l’ENA, il a travaillé pour Strauss-Kahn, puis dans l’équipe de Fabius, avant de se lancer dans la banque d’affaires. On l’a dit proche de Chavez, il a travaillé pour l’Argentine en faillite et pour le Venezuela. Il annonce avoir voté Mélenchon en 2017, et se présente volontiers comme l’inverse de Bolloré, en particulier quant à l’indépendance rédactionnelle des organes de presse qu’il contrôle. Force est de constater que son soutien à Pierre-Emmanuel Barré, attaqué par Nunez après avoir attaqué la police dans une chronique virulente (« en fait la police et la gendarmerie, c’est Daech avec la sécurité de l’emploi ») a été sans faille. Les intentions qui lui sont prêtées de se présenter en 2027 sont-elles fondées, le conduiront-elles à instrumentaliser sa (relative et encore modeste) puissance médiatique ? On compte sur La dernière pour nous tenir au courant !
Claude Moro