Publié le Mercredi 20 mars 2024 à 10h00.

Contre le racisme et la politique répressive anti-migrant·E·s : manifestons

Chaque année, le 21 mars est la journée internationale contre le racisme. Des manifestations auront lieu dans d’autres pays, en Allemagne par exemple où une énorme mobilisation se dresse contre le parti fasciste AfD. En France des manifestations, rassemblements, événements dans de nombreuses villes sont prévuEs entre le 21 et 23 mars.

 

Plus que jamais il est nécessaire qu’une opposition déterminée se montre contre les politiques racistes, anti-migrantEs, des gouvernements, des droites et des extrêmes droites qui se lèvent en Europe et dans le monde, menaçant les étrangerEs, les pauvres en général, les femmes, les jeunes, les LGBTI, les droits sociaux et les libertés.

La loi asile immigration, exemple de cette politique raciste

La loi, à l’initiative du gouvernement Macron-Darmanin adoptée le 19 décembre à l’Assemblée, a repris l’orientation politique de Ciotti, de Zemmour, du RN, accompagnée durant des mois d’une propagande mensongère, haineuse, faisant passer les immigréEs pour de dangereuxEs délinquantEs. C’est la loi la plus répressive contre les étrangerEs depuis 1945. Il n’est pas étonnant qu’elle soit donc passée grâce au soutien des députéEs de LR et du RN, ce dernier célébrant une « victoire idéologique ».

Les mobilisations pour son retrait ont été importantes, rassemblant un arc large d’associations, de collectifs de sans-papiers, de syndicats, de partis. Mais elles n’ont pas suffi, et la loi s’applique.

Attaque sans précédent contre les droits des étrangerEs

Cette loi remet en cause le droit d’asile, le droit du sol ; multiplie les obstacles à l’obtention d’un titre de séjour, en y répondant systématiquement par des OQTF (obligation de quitter le territoire) ; augmente le nombre de CRA (centres de rétention administrative). L’objectif est d’expulser un maximum. Elle ne vise pas que les exiléEs en situation irrégulière, elle permet de retirer leur titre de séjour à des étrangerEs en ­situation régulière en instrumentalisant la « menace à l’ordre public ». Elle met à disposition des préfets tout un arsenal répressif, augmentant toujours plus leur pouvoir et leur arbitraire. Et ce n’est pas fini ! Les articles refusés par le Conseil constitutionnel ne le sont que sur la forme, et les Républicains veulent, avec une proposition de loi déposée fin janvier au Sénat, reprendre certaines des pires mesures censurées.

Le gouvernement Macron ne désarme pas. Il remet toujours en cause l’Aide médicale d’État, examinée en juin prochain pour la supprimer ou la restreindre encore davantage !

À Mayotte, l’État français exerce sa terreur à l’encontre de la population comorienne, voulant faire de ce territoire un laboratoire d’expulsions à grande échelle, avec les méthodes les plus barbares du colonialisme.

Parfaire toujours la machine répressive, la machine infernale à fabriquer des « sans-papiers » ! Mais rien pour offrir un accueil digne aux milliers de jeunes qui dorment dans la rue, aux femmes et aux enfants !

Non à l’Europe des murs ! Non aux mortEs en mer et aux frontières !

En Europe, le pacte migratoire est dans la même logique raciste (voir page 5). Les partis d’extrême droite, dans la perspective des élections européennes, se lâchent. Leur cible est comme toujours les immigréEs, les étrangerEs, comme l’a fait Maréchal Le Pen en lançant sa campagne. Le RN, lui, a recruté l’ancien directeur de Frontex (la police européenne des frontières). Ce sinistre personnage a dû démissionner de Frontex parce qu’il avait soutenu les gardes-frontières responsables du naufrage au cours duquel 600 migrantEs avaient péri au large des côtes grecques.

Résistances !

Nous devons continuer le combat contre les arrestations, les centres de rétention, les OQTF, les expulsions, les violences policières et l’arbitraire préfectoral.

– Contre la loi asile-immigration

– Contre la remise en cause du droit du sol et de l’Aide médicale d’État.

– Pour la régularisation de toutes et tous les sans papiers

– Pour la liberté de circulation et d’installation

– Pour l’égalité des droits : un logement, l’accès à l’éducation, à la santé, au travail pour toutes et tous.

– Pour un accueil digne des exiléEs, des mineurs étrangers, la reconnaissance de leurs droits et de toutes les protections qui leur sont dues

– Pour la justice sociale, pour une vie libre et digne contre le racisme.

La journée internationale contre le racisme est l’occasion de faire entendre la voix de celles et ceux qui sont solidaires avec toutes, tous les étrangerEs et exiléEs.