«Saint-Denis, c’est la ville des Rois et du peuple vivant ». Dimanche 15 mars, alors qu’il vient d’être élu maire de Saint-Denis dès le premier tour, le nouvel édile donne sa première interview et reprend une manière usuelle de désigner la ville. Très vite, des comptes d’extrême droite déforment ses propos et l’accusent de séparatisme.
« Vous avez qualifié Saint-Denis de ville des noirs », c’est avec cette phrase lancée par Apolline de Malherbe sur RMC à Bally Bagayoko que prend de l’ampleur la campagne médiatique raciste contre lui et plus généralement contre les maires non blancs fraîchement élus.
Avant cela, une cabale raciste avait été orchestrée par des opposants au candidat, notamment le maire socialiste de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, qui avait émis l’hypothèse d’un appel des narcotrafiquants et des « petits dealers » à voter pour Bally Bagayoko, le candidat de la liste commune LFI-PCF.
Là où l’on pouvait voir un basketteur, un entraîneur et un cadre de la RATP, membre de La France insoumise et candidat de la liste commune LFI-PCF, devenir maire de la deuxième ville d’Île-de-France, les négrophobes n’ont vu qu’un noir, auquel ils ont associé volontiers des stigmates de séparatisme et de collusion avec la délinquance.
Ce mécanisme structure le débat public : les quartiers populaires sont dits « communautaires » ; les militantEs antiracistes sont accusées de « racialisme » ; les victimes du racisme sont renvoyées à une supposée responsabilité. L’extrême droite donne souvent l’impulsion, mais des éditorialistes, responsables politiques et médias alimentent en permanence ce climat raciste.
Le racisme structurel, qui traverse les institutions, les médias et le champ politique, se manifeste avec d’autant plus de violence lorsque les classes populaires et les minorités accèdent à des positions de pouvoir.
Tel est pourtant le peuple vivant. Il est urgent de détruire ce système raciste.