Publié le Lundi 15 décembre 2025 à 17h07.

Procès « J’accuse » à Bayonne : la relaxe s’impose !

Le 16 décembre, le tribunal de Bayonne rendra son délibéré dans le procès intenté contre sept militantEs poursuiviEs pour avoir organisé une action de solidarité avec des personnes migrantes. Au vu de la faiblesse des réquisitions et de l’inanité des accusations, ce procès apparaît d’ores et déjà comme une tentative de criminalisation de la solidarité. À l’heure du verdict, une seule issue est légitime : la relaxe.

Les contrôles aux frontières ont eu pour conséquence la mort d’au moins 9 personnes en Pays Basque au cours de leur parcours migratoire. Tous ces morts autour de la Bidasoa ont choqué. Face à cela, de nombreuses personnes ont donc fait le choix de s’organiser pour venir en aide aux personnes migrantes en sécurisant leur parcours jusqu’à Bayonne.

Des mobilisations solidaires revendiquées

Le 1er novembre 2022, plusieurs organisations associatives, syndicales et politiques du Pays Basque Nord et Sud ont organisé des actions comme lors de la journée internationale des migrantEs, contre la loi Darmanin, la loi immigration, ou encore en juillet 2023, sur le pont entre Behobia et Pausu en organisant un rassemblement et transformant symboliquement un point de contrôle de police en point d’accueil et d’informations pour les personnes migrantes et leur souhaiter la bienvenue.

Le 14 mars 2024, la Korrika (course relais parcourant le Pays Basque pendant 10 jours et 10 nuits afin de valoriser l’apprentissage de l’Euskara) traverse la frontière entre Irun et Hendaye. Des milliers de personnes courent le kilomètre 36 passant sur le pont Santiago ce jour-là. Deux semaines plus tard, notre collectif d’une vingtaine d’organisations revendique avoir accompagné 36 migrantEs jusqu’au centre d’accueil public Pausa de Bayonne, mis en place et géré par la Communauté d’Agglomération Pays Basque. Toute personne en situation de migration peut y passer 3 jours et 3 nuits afin de se reposer un peu et récolter les informations nécessaires pour pouvoir continuer son chemin. Cette action a été rendue publique et revendiquée par le biais d’une conférence de presse et par la publication d’une vidéo.

La campagne « J’accuse » retourne l’incrimination

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques de l’époque a alors demandé au procureur du tribunal de Bayonne d’ouvrir une enquête à l’encontre de 7 militantEs de l’action de la Korrika pour «aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’étrangers en situation irrégulière » (art L.823-1) avec le facteur aggravant de l’avoir fait « en bande organisée ». Face à cette tentative d’intimidation et de criminalisation de la solidarité, l’ensemble des organisations partie prenante a décidé de lancer la campagne « J’accuse », basée sur le fameux article de Zola de 1898 lors de l’affaire Dreyfus.

Par la campagne « J’accuse », nous souhaitons retourner l’accusation contre les politiques migratoires européennes et notamment françaises qui sont racistes et assassines. Nous avons donc lancé une campagne d’auto-inculpations, individuelles ou collectives : chaque signataire reconnaît avoir aussi participé à l’action de la Korrika, dénonce les politiques migratoires meurtrières et soutient les sept inculpéEs. À ce jour, nous avons récolté plus de 5000 auto-inculpations individuelles et plus de 100 organisations du monde entier nous ont apporté leur soutien. Le 26 janvier 2025, 2500 personnes manifestaient un dimanche d’Irun à Béhobie pour exprimer leur soutien aux migrantEs, aux 7 militantEs inculpéEs mais aussi dénoncer la criminalisation de la solidarité et les politiques migratoires. Après un premier report, le procès a finalement eu lieu le 7 octobre 2025.

La relaxe s’impose

Un verdict sera rendu le 16 décembre prochain mais les faibles réquisitions du parquet démontrent déjà la grande fragilité du dossier. Ce procès est une tentative d’intimidation et de répression vide de sens, qui fait suite à l’alerte d’un préfet zélé qui se trompe de combat et qui préfère s’attaquer aux militantEs solidaires plutôt que de garantir l’accès aux droits pour toutes et tous ! Ce procès repose sur un dossier totalement vide basé sur des accusations incorrectes, orientées et infondées à l’encontre des 7 prévenuEs.

Alors une seule issue est entendable : la relaxe.

Parce que le Pays Basque a toujours été et restera une terre d’accueil. 

Parce que personne n’est illégal, et parce que nous continuerons de dénoncer les politiques migratoires et resterons toujours du côté des militantEs solidaires.

Elkartasuna ez da delitua ! La solidarité n’est pas un délit !

Solidarité avec les sans-papiers !

« J’accuse » les politiques migratoires !