Les travailleurEs du Pôle des admissions et des inscriptions (PAI) de l’Université Paris-Nanterre sont en grève depuis le 1er juillet.
Notre service centralise l’accueil et les inscriptions des étudiantEs, avec un accueil en présentiel et des moyens humains devenus rares dans un contexte de coupes budgétaires, de dématérialisation et de réorganisations permanentes. Chaque année, nous endossons de nouvelles tâches sans moyens supplémentaires, avec des économies faites sur le dos des étudiantEs les plus en détresse.
Indemnités, frais d’inscription, conditions dégradées…
En mai-juin 2026, les tensions ont éclaté dans tous les services administratifs. Les BIATSS se sont misEs en grève pendant un mois contre le RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel) et son application par la Présidence : une répartition des primes qui met en concurrence catégories et statuts, favorise les plus hauts salaires (+ 250 euros/mois pour les directions) et laisse les plus précaires avec des miettes (+ 13 euros/mois pour les contractuelLEs catégorie C).
Cette injustice et ces méthodes autoritaires ont uni les syndicats, réuni jusqu’à 250 personnes en AG, et agrégé d’autres résistances : contre la hausse des frais d’inscription des étudiantEs étrangerEs, la privatisation de l’université, la sélection, la répression syndicale, le racisme, l’externalisation des services techniques ou les restructurations des Bibliothèques universitaires. Malgré le vote du RIFSEEP et la fin de l’année, ce mouvement a relancé des dynamiques communes et préparé la rentrée — ou la non-rentrée, dans de telles conditions.
Contre la réorganisation de l’agence comptable : le PAI en grève reconductible
C’est dans ce contexte, après une canicule rendant insupportables les conditions de travail et d’accueil, qu’intervient la grève du PAI. Le 1er avril 2026, nous avons appris par un court mail la mise en place de Terminaux électroniques de paiement (TPE) à l’accueil du service, discutée depuis avril 2025 sans consultation des agentEs.
Le 11 juin, les agentEs du PAI et de l’Agence comptable ont été convoquéEs pour se voir expliquer verticalement cette mise en place. Nous avons alerté sur la modification de nos missions, la surcharge en période d’inscription, la sécurité, la non-consultation, le dialogue dégradé avec les étudiantEs, dans un contexte de frais différenciés et de fin du paiement en trois fois. La mesure passe sans vote dans les instances. Nous n’avons reçu que mépris, indifférence et pressions.
Nous réclamons un moratoire, la reprise de discussions collectives et le respect des instances. Reçues par la Présidence après notre appel et les préavis syndicaux, nous avons eu droit à une parodie de dialogue : aucune concession, la réorganisation se fera comme prévu. Pire, alors qu’aucunE gréviste n’est traditionnellement prélevéE à Nanterre, nos salaires seront cette fois amputés. Une punition contre les agentEs parmi les moins bien payéEs de l’université.
Face à ce mépris, nous sommes déterminéEs à défendre nos conditions de travail et une université démocratique, publique et ouverte à toustes. SoutenuEs par Sud, nous sommes en grève reconductible depuis le 1er juillet : les inscriptions et la rentrée ne se tiendront pas tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction.
ÉtudiantEs et personnels du supérieur, répondons au démantèlement de l’université par la solidarité !