Publié le Vendredi 6 mars 2026 à 09h00.

En Grèce, on n’oublie pas, on ne pardonne pas Tèmbi

Trois ans après la catastrophe ferroviaire de Tèmbi, la colère ne retombe pas en Grèce. 

Entre solidarité internationale, mobilisation de la jeunesse et manifestations de masse contre le gouvernement Mitsotakis, des centaines de milliers de personnes ont réaffirmé leur exigence de justice et dénoncé les politiques de privatisation et d’austérité.

Une semaine de mobilisation

Cette semaine, la rue était très solidaire en Grèce.
Mercredi 25, à l’appel de l’association des femmes ukrainiennes en Grèce, travailleuses envoyant leurs maigres économies au pays, un cortège de 500 à 800 personnes pour dénoncer « Poutine, fasciste, assassin, rends-nous nos enfants ! ». Seule présence du mouvement ouvrier grec : quelques drapeaux libertaires et des camarades de ENSU Grèce… 

Jeudi : manif de la jeunesse scolarisée réclamant justice pour les 57 victimes de la tragédie ferroviaire de Tèmbi (février 2023), dans laquelle ont disparu de nombreux étudiantEs.

Vendredi : tour de chauffe devant le tribunal d’Athènes avant le verdict du procès en appel des tueurs du groupe nazi Aube dorée - Chryssi Avgi (4 mars). 

Et samedi 28, des centaines de milliers de manifestantEs partout en Grèce, dénonçant l’étouffement continu par le gouvernement Mitsotakis des responsabilités pour Tèmbi. Trois ans après le drame, l’ampleur des mobilisations prouve à quel point « justice pour Tèmbi » reste un facteur de colère, de volonté unitaire de masse, de conscientisation.

Unité et radicalité pour aboutir

Une nouvelle fois, c’est le comité des parents de victimes qui a appelé, marquant la volonté d’avancer dans l’unité. À Athènes il y avait au moins 100 000 manifestantEs, avec beaucoup de jeunes et de nombreux syndicats — soulignons que cette année encore, de nombreux magasins ont fermé en solidarité. 

Bien sûr, les discours portaient sur l’exigence de justice — le procès s’ouvre le 23 mars —, avec refus de faire porter les responsabilités sur les cadres intermédiaires, les chefs de gare ou les cheminots. C’est bien la politique de ce gouvernement ultralibéral qui est en cause, avec la privatisation des trains mais aussi, comme le rappelait le secrétaire du syndicat des cheminots, avec le cadre européen imposant le moins-disant sécuritaire pour toujours plus de profits. 

« Soit leurs profits, soit nos vies » : le mot d’ordre est partout — on a beaucoup évoqué les 5 ouvrières tuées dans l’explosion récente de l’usine Violanta —, et il se traduit, face au marasme dans lequel le gouvernement maintient le réseau ferroviaire, par la revendication partagée de service public des transports, avec, comme le dit le groupe des 6 (Anametrissi, DEA etc.), expropriation sans indemnité du groupe privé italien et nécessité du contrôle ouvrier. 

À Trikala, ville où se trouvait l’usine Violanta, le cri des centaines de manifestantEs montre la voie : « On n’oublie pas, on ne pardonne pas ».

A. Sartzekis, Athènes, le 28 février 2026