Publié le Jeudi 2 avril 2026 à 16h52.

Iran, une guerre impérialiste dévastatrice

Pris en étau entre l’agression impérialiste menée par les États-Unis et Israël et la répression de la République islamique, les peuples d’Iran subissent une guerre destructrice aux conséquences sociales majeures. 

La guerre impérialiste déclenchée par Trump et Netanyahou contre l’Iran en est à sa cinquième semaine. Selon les états-majors israélien et étatsunien, plus de 30 000 bombes et missiles ont déjà été déversés sur l’Iran. 

La population sacrifiée

Les pertes civiles ne cessent d’augmenter : écoles, hôpitaux, universités et zones résidentielles sont visés. Les infrastructures industrielles — raffineries, sidérurgie, cimenteries — sont également frappées, causant de nombreuses mortEs parmi les travailleurEs. L’objectif est d’affaiblir durablement les capacités productives de l’Iran et de le transformer en un État incapable de peser régionalement, au prix d’un effondrement social durable. C’est cette intervention impérialiste dévastatrice qu’applaudissent les monarchistes iranienEs. Les peuples d’Iran bombardés s’en souviendront.

Parallèlement à sa riposte balistique et au blocage du détroit d’Ormuz, la République islamique d’Iran (RII) intensifie la répression interne : le régime multiplie les arrestations massives, les exécutions et fait peser un climat de terreur sur le pays. En soutien aux forces répressives du régime, ces derniers jours, la milice irakienne Hachd al Chaabi a déployé des hommes sur le territoire iranien. C’est à cette dictature sanglante qu’apportent leur soutien certains réseaux militants campistes, qui pensent que la lutte légitime contre l’ordre israélo-étatsunien dans la région passe par un alignement sur la RII. Au lieu de construire des convergences entre classes populaires de la région contre les dominations réactionnaires, impérialistes et coloniales, ces campistes opposent les peuples entre eux et se rangent du côté des dictatures.

Quelle fin pour cette guerre ?

Malgré les discours contradictoires de Trump et les dénégations des dirigeants iraniens, les deux camps cherchent désormais à mettre fin au conflit, chacun voulant imposer sa propre version de la « victoire ».

Sur le plan militaire, les États-Unis et Israël disposent d’un net avantage. Ils peuvent revendiquer des dégâts importants infligés à l’Iran. De son côté, le régime iranien cherchera à présenter sa survie comme une victoire, malgré ses crises internes.
Les États-Unis ont également des raisons économiques de mettre fin à la guerre : perturbation des marchés énergétiques, pressions sur l’économie et montée de l’inflation. Le coût financier de la guerre menée est faramineux pour les États-Unis. En cinq semaines, celui-ci s’élèverait à 50 milliards de dollars. À cela s’ajoute une opposition intérieure à la guerre croissante, avec des mobilisations massives ces derniers jours autour du mouvement « No Kings », des divisions au sein du camp républicain à l’approche des élections.

De son côté, la RII est consciente de ses faiblesses : incapacité à soutenir une guerre longue, manque de cohésion et absence de soutien populaire massif. Le silence de la population tient davantage à la peur qu’à l’adhésion.
Sur le plan diplomatique, des pays comme le Pakistan, la Turquie ou l’Égypte ont proposé des médiations, le Pakistan jouant dernièrement un rôle plus actif.

Dans ce contexte, un scénario prend forme. Les États-Unis et Israël ont laissé en vie Mohammad Bagher Ghalibaf, président du parlement, ancien commandant des Gardiens de la révolution, responsable de la répression sanglante du mouvement étudiant de 1999. Ancien maire de Téhéran, Ghalibaf est un corrompu notoire. C’est avec lui que Trump dit négocier. Ghalibaf fera sans doute des concessions importantes pour maintenir le régime. D’autant que Trump continue de déployer des forces dans la région, et que les menaces d’une incursion terrestre se font de plus en plus précises.

Soutenir la lutte des peuples d’Iran

Dans tous les cas, le régime iranien sortira affaibli de cette guerre, tant militairement que politiquement, mais aussi en termes de légitimité et de contrôle social.

Une fois la guerre terminée, les mouvements sociaux ressurgiront. La société éprouvée par la guerre, la crise et la dictature cherchera à exprimer ses revendications. Ces mouvements sociaux devront s’organiser et se lier les uns aux autres pour ouvrir la voie à une alternative populaire issue de la base.

Il est urgent de soutenir la lutte des peuples d’Iran en exigeant la fin de cette guerre impérialiste !

Babak Kia