170 enfants tuéEs en une seule nuit ! L’un des pires massacres d’enfants de l’histoire contemporaine. Israël a rompu le cessez-le-feu (qui était déjà une passoire) mercredi 19 mars et a visé simultanément plusieurs habitations à l’heure de la prière, avant la journée de jeûne. Près de 400 personnes tuées lors de cette première série de frappes.
Cette attaque meurtrière a été le point de départ de la reprise du génocide dans la bande de Gaza. Israël avait déjà bloqué l’enclave en eau potable, électricité et aide humanitaire au mépris du protocole de cessez-le-feu mais aussi du droit international. Le gouvernement israélien montre encore une fois que les accords signés ne valent même pas le papier sur lequel ils sont écrits. Avec le feu vert explicite de l’administration Trump et prétextant le non-respect du protocole par le Hamas, Israël continue ses crimes contre l’humanité. Israël a ordonné l’évacuation du nord de Gaza où des PalestinienNEs désespéréEs campent au milieu des décombres de leurs maisons.
Journalistes cibléEs, vérité effacée
Le cap des 50 000 morts a été dépassé, et on sait qu’il est très sous-estimé. Comme l’an dernier, Israël ne veut pas de témoins, et plusieurs journalistes ont été assassinéEs : plus de 200 journalistes ont été tuéEs par l’armée israélienne depuis octobre 2023. Le conflit le plus meurtrier de l’histoire pour la profession car, loin des caméras, l’armée israélienne assassine impunément.
Netanyahou, la guerre pour rempart
En proie à des démêlés judiciaires, Netanyahou a attisé la dynamique guerrière dans son cabinet et vient de réintégrer Ben Gvir dans son gouvernement. Le Premier ministre est contesté par la population et une partie de la classe dirigeante israélienne. Il a limogé brutalement le chef du Shin Bet (les services secrets israéliens). Même s’il est également visé par des accusations de corruption, Netanyahou arrive à éviter les griffes de la justice via ces bombardements. Il a insisté pour obtenir un maximum de cibles comme l’ont rapporté les journaux israéliens, et s’il n’y avait pas de cibles il a demandé « qu’on rase des maisons ». Il a été pris au mot. Le seul hôpital de Gaza qui traite les cancers a été purement et simplement dynamité. La reprise du génocide ne tourne pas cependant autour de sa carrière ; il s’agit de la logique générale de l’État colonial. D’une part, malgré son impopularité, Benjamin Netanyahou détient le record de longévité en tant que Premier ministre, ce qui implique qu’il personnifie une politique largement acceptée dans le pays. Il n’est d’ailleurs pas certain que son opposant principal, Yair Lapid, qui a déjà été Premier ministre et a procédé à des bombardements sur Gaza lorsqu’il était en poste, représente l’espoir d’une alternative pour les PalestinienNEs à Gaza ou en Cisjordanie.
Des déportations massives organisées
Ce lundi 23 mars, le bureau de « déplacement volontaire » du gouvernement israélien a officiellement vu le jour et s’apprête à déporter des centaines, voire des milliers, de GazaouiEs. Il est facile de comprendre qu’un certain nombre accepteront « volontairement » de quitter l’enfer après 18 mois de bombardements, de massacres, de conditions de vie ruinées et de malheurs. Mais ne nous y trompons pas, il ne s’agira en aucun cas de départs volontaires mais bien de déportations de masse sous la menace de mort, perpétrées par un État allié des pays occidentaux.
Ce dernier épisode montre l’impossibilité de la solution à deux États. Il acte également les mensonges de l’État d’Israël. Le mensonge selon lequel Israël a l’armée la plus morale du monde. Le mensonge selon lequel Israël ne bombarde pas les hôpitaux et les écoles. Le mensonge selon lequel le Hamas, qui se serait réarmé et aurait recruté de nouveaux combattants, serait responsable de la rupture de l’accord de cessez-le-feu.
Sans la déshumanisation raciste des PalestinienNEs, le visage génocidaire d’Israël aurait dû être exposé et dénoncé, les politiques coloniales contestées, sanctionnées et stoppées en vertu de toutes les lois internationales. Les habitantEs de Gaza vivent à nouveau un calvaire alors que les communiqués indignés des chancelleries occidentales masquent mal la complicité de ces États et de leurs gouvernements. Plus que jamais il faut soutenir les PalestinienNEs et continuer de parler de Gaza. Il faut arrêter le génocide !
Édouard Soulier