Le 24 février 2025, l’Ukraine est entrée dans sa quatrième année de résistance face à l’agression à grande échelle de la Russie.
Au cours des trois années écoulées, l’aide provenant des États-Unis et de l’UE a permis de bloquer l’offensive du Kremlin, mais a été insuffisante pour faire reculer l’armée russe.
On dénombre plus d’un million de victimes militaires (pour les forces russes, il s’agit principalement des populations racisées des régions périphériques) et civiles (ces dernières presque exclusivement du côté ukrainien). Auxquelles s’ajoute le déplacement forcé d’un quart de la population ukrainienne.
Poutine a entièrement remodelé l’économie autour de son objectif expansionniste : le budget militaire russe augmente sans cesse (43 % des dépenses publiques en 2025) au détriment des services publics. Dans l’économie de guerre, le capital des oligarques s’est concentré dans l’industrie militaire et l’extraction fossile, qui sont au cœur de la croissance économique du pays. Dès lors, rien ne laisse envisager que les négociations « pour la paix » que veut imposer Washington entraînent la fin de l’expansionnisme militaire russe, car « la Russie est devenue dépendante de la dépense militaire » 1.
Trump allié de Poutine face à la Chine
L’action de Trump accélère la redéfinition des alliances inter-impérialistes au détriment du droit à l’autodétermination du peuple ukrainien. Car aux yeux de Trump, la Russie est un potentiel point d’appui dans sa guerre d’hégémonie avec la Chine. Après avoir ouvert les négociations avec l’agresseur en excluant l’agressé, Trump a entièrement épousé la propagande poutinienne, en attribuant à l’Ukraine la responsabilité de la guerre et en déniant la volonté de la majorité de la population de préserver un pays indépendant et libre de l’impérialisme russe. La violence du chantage de Trump est manifeste : il demande à l’Ukraine de rembourser 500 milliards de dollars pour l’aide étatsunienne et de céder aux États-Unis le droit d’exploitation des ressources minières et des terres rares, et menace de restreindre l’accès de l’armée ukrainienne au système de communication Starlink, nécessaire pour se défendre des drones et de l’artillerie russes. Alors que le gouvernement ukrainien refuse de céder sans obtenir en contrepartie des garanties de sécurité, Poutine n’a pas tardé à proposer à Trump un accord pour l’exploitation des terres rares russes et des territoires ukrainiens occupés…
Les impérialismes russe, israélien et étatsunien s’unissent
N’en déplaise aux campistes qui ne voient dans l’agression de l’Ukraine qu’une guerre inter-impérialiste par procuration, l’alliance inter-impérialiste USA-Russie s’est renforcée lors du vote le 24 février 2025 d’une motion de l’ONU pour une paix juste et durable : les États-Unis s’y sont opposés aux côtés de la Russie, du Bélarus, de la Hongrie, du Nicaragua et d’Israël, en affichant explicitement une convergence d’intérêts. Les impérialismes russe, israélien et étatsunien ne se combattent pas : ils s’unissent contre le droit international et le droit d’autodétermination des peuples.
Réaffirmer le droit à l’autodétermination des peuples
Tandis que les gouvernements européens — et le capital dopé aux matières premières russes —peinent à résoudre leurs intérêts contradictoires vis-à-vis de la Russie poutinienne, la solidarité populaire avec la résistance ukrainienne ne doit pas fléchir : le 24 février, les manifestations ont été nombreuses contre l’axe Trump-Poutine, pour le droit des peuples à choisir leur présent et leur avenir, et pour défendre les espaces d’action et de contestation contre les impérialismes néofascistes — en Ukraine et au-delà.
La lutte de résistance ukrainienne est une lutte pour le droit d’existence et d’autodétermination du peuple ukrainien et de tous les peuples attaqués par les impérialismes meurtriers : aux côtés des UkrainienNEs comme des PalestinienNEs, soutenons la résistance contre l’offensive néofasciste internationale. Vive la résistance ukrainienne, vive l’antifascisme !
Gin et Elias Vola
- 1. A. Kolyandr (Cepa), cit. par R. Godin, « La Russie s’enferme dans une économie de guerre à haut risque », Mediapart, 19 février 2025.