Publié le Jeudi 21 mai 2026 à 11h00.

Les classes populaires, l’inflation et le désastre écologique

L’inflation nourrie par la guerre iranienne touche les classes populaires en Asie comme ailleurs, avec une particularité : dans de nombreux pays d’Asie, l’argent envoyé par les émigréEs permet aux familles de survivre. Or, le Moyen-Orient est une destination majeure de cette émigration, pour ce qui est des pays musulmans. Selon l’Organisation internationale du travail, la région accueille 24 millions de travailleurEs migrantEs. Elle s’avère être la première destination mondiale pour la main-d’œuvre étrangère. La plupart d’entre eux viennent d’Asie : Bangladesh, Inde, Indonésie, Pakistan, Philippines (Mindanao), Sri Lanka. Beaucoup de ces travailleurEs occupent des emplois peu rémunérés ou précaires et ont peu accès à des ­services tels que les soins de santé.

Les rapatriements d’émigréEs sont nombreux. Ainsi, ces deux derniers mois, le gouvernement philippin a assuré le retour de plus de 9 500 de ses ressortissantEs qui travaillaient au Moyen-Orient. Nombreux sont celles et ceux qui restent bloquéEs sur place dans des conditions ­invivables.

Enfin, les guerres du Moyen-Orient alimentent la crise climatique et écologique, la crise globale. Un véritable désastre. Cette « polycrise » est le plus grand défi auquel nous sommes confrontéEs. C’est elle qui fait la différence avec toutes les périodes passées. Le nombre des « victimes climatiques » augmente de façon exponentielle en Asie, en particulier.

En Asie, la pauvreté et la précarité s’étendent. Or, une fois entré dans la grande pauvreté, on n’en sort plus sans une aide de longue durée que les États ne fournissent pas, mais que des mouvements tentent d’assurer (avec notre aide, parfois).

La crise climato-écologique

C’est l’éléphant dans le magasin de porcelaine dont personne (ou presque) ne parle. Les débats s’enchaînent sur les conséquences économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz, sans dire un mot de la crise climatique ou des atteintes majeures à la biodiversité. La presse militante internationale n’échappe malheureusement pas toujours à ce syndrome. Des articles paraissent qui occultent carrément le sujet. D’autres le mentionnent, mais sans conclure pour autant sur les campagnes à mener en ce domaine. Étrange autocensure.

Si l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, les conséquences sanitaires et sociales sont particulièrement sévères en Asie, où les sociétés sont très vulnérables. Une grande partie du Bangladesh va disparaître sous les eaux, mais également des zones de population dense en Indonésie. Quand le taux d’humidité dans l’air devient trop élevé, même une température « normale » peut devenir mortelle, le corps ne pouvant plus se refroidir en suant. La violence des typhons s’accroît. Des inondations massives succèdent à des sécheresses exceptionnelles…

Pierre Rousset