Depuis le revirement brutal de la politique US vis-à-vis de l’Ukraine, les concessions russes obtenues par Trump sont inexistantes. Le cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques n’est pas appliqué ; pire, les bombardements sur le territoire ukrainien n’ont jamais été aussi intenses, tandis que l’ouverture d’un corridor pour reprendre le commerce maritime dans la mer Noire n’avantage que la Russie.
Ces négociations privent les ukrainienNEs des moyens essentiels pour sa défense, tout en aidant le régime russe à cacher le désastre militaire et humain de son offensive. Les dernières menaces de sanctions contre la Russie proférées par Trump s’inscrivent dans cette logique asymétrique. Son agacement face à l’immobilisme poutinien, à qui il continue d’accorder « sa confiance », n’est suivi d’aucune mesure. Parallèlement, le président US a intimé à l’Ukraine de signer sans délai un accord sur les minerais qui acterait la mise en place d’un colonialisme économique de type nouveau. Conscient de son avantage, Poutine continue de jouer la carte maximaliste, en réclamant des élections dans une Ukraine occupée.
Des armes, pas des discours
Pourtant, la population ukrainienne continue de faire bloc pour défendre son droit à l’autodétermination. Car « si l’Ukraine est partitionnée, les millions de personnes qui se trouvent soit dans les territoires occupés, soit qui ont dû fuir, n’auront nulle part où retourner. Ils savent qu’un résultat qui récompense énormément l’agresseur ne fera que renforcer le régime autoritaire de Poutine et signifiera encore plus de répression, en particulier dans les territoires occupés. Ainsi, les Ukrainiens ont deux choses à l’esprit lorsqu’ils pensent à un accord : le sort des personnes dans les territoires occupés et comment empêcher la Russie de recommencer la guerre » 1.
Et pour cela, l’Ukraine a besoin d’armes, et elle en a besoin maintenant. Mais côté européen, la dangereuse démesure des investissements militaires annoncés par certains États (France, Allemagne et Angleterre en tête), contraste radicalement avec la faiblesse de l’aide militaire concrète et immédiate qu’ils apportent à l’Ukraine. La rencontre entre Zelensky et Macron a finalement abouti à deux milliards d’aides… en vieux matériels militaires facturés au prix du neuf.
Aux côtés de l’Ukraine résistante
Ne nous y trompons pas : le retour du militarisme des puissances impérialistes d’Europe occidentale n’est pas la réponse adéquate à la guerre impérialiste de Poutine. A fortiori quand le danger néofasciste se renforce partout sur le continent. C’est la résistance ukrainienne qui peut stopper cette folie et éviter l’escalade guerrière.
Entre un bloc de conservateurs et libéraux, jouant des coudes pour défendre leurs intérêts nationaux et continuer d’attaquer nos droits sociaux, et une gauche s’enferrant dans un pacifisme chauvin qui n’apporte aucune solution aux peuples d’Europe de l’Est confrontés au péril néofasciste, c’est bien à une gauche internationaliste et antifasciste d’être le meilleur allié de l’Ukraine résistante. Nous continuerons fièrement ce combat !
Elias et Gin Vola
- 1. « La gauche devrait soutenir une paix juste pour l’Ukraine, pas un accord Trump-Poutine visant à apaiser l’agresseur », Denys Pilash (Sotsialny Rukh), Europe Solidaire Sans Frontières, mars 2025