L’accord de paix entre la RDC et le Rwanda n’a qu’un but : permettre aux entreprises américaines d’exploiter les richesses minières du Congo.
« Cela va être un miracle », prédisait Donald Trump à propos de l’accord de paix signé le 4 décembre 2025 par Félix Tshisekedi pour la République démocratique du Congo (RDC) et Paul Kagame pour le Rwanda. À défaut de miracle, six jours plus tard, l’AFC/M23, soutenu par l’armée rwandaise, envahissait Uvira, grande ville du Sud-Kivu. Le « puissant et détaillé » accord, selon le locataire de la Maison-Blanche, avait déjà du plomb dans l’aile.
Un accord de paix sans effet
Face à un tel affront, Washington a exigé que les rebelles se retirent d’Uvira, ce qui a été fait en janvier 2026. Cela n’a toutefois pas empêché le gouvernement américain d’adopter des sanctions à l’encontre de quatre officiers supérieurs et de la Rwanda Defence Force, sans que cela ne change grand-chose sur le terrain.
En effet, non seulement la guerre se poursuit, mais elle prend de nouvelles formes avec l’utilisation de drones par les deux camps.
Ainsi, Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, a été tué par une frappe aérienne, tandis que les forces rwandaises bombardaient l’aéroport de Kisangani.
Cette intensification du conflit avec les drones accroît les dangers pour les populations civiles. Récemment, une employée humanitaire de l’Unicef a été tuée à son domicile dans la ville de Goma.
Exploiter les richesses minières
Trump ne s’intéresse ni à la paix en RDC ni à la situation dramatique des populations. Son objectif est de contrer la présence chinoise dans l’extraction des terres rares et de « se faire beaucoup d’argent » grâce au « Cadre régional d’intégration économique (REIF), une initiative bilatérale novatrice qui libère le vaste potentiel économique de la région des Grands Lacs et crée des opportunités pour le secteur privé américain », selon la Maison Blanche.
Pour cela, il faut sécuriser les zones minières. Les États-Unis ont ainsi œuvré à l’ONU pour que la mission principale de la Monusco soit désormais d’accompagner le processus de paix de Washington. Et, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le nouveau dirigeant de la mission onusienne, James Swan, est un diplomate américain.
L’idée centrale est de permettre aux entreprises américaines d’exploiter le sous-sol congolais. Un accord a déjà été signé entre KoBold Metals — une entreprise étatsunienne soutenue par des milliardaires de la Tech — et les autorités congolaises concernant le gisement de lithium de Manono, le plus grand du monde. Une seconde phase prévoirait l’exploration d’autres gisements de minerais rares sur le territoire congolais.
Les États-Unis pourraient aussi jouer le rôle de receleurs en achetant le coltan produit par la mine de Rubaya, contrôlée par l’AFC/M23, et exporté illégalement vers le Rwanda. Une telle pratique entérinerait de facto l’occupation de l’est de la RDC par les troupes officielles et officieuses de Paul Kagame.
Paul Martial