La situation est marquée par une montée à la guerre des grandes puissances impérialistes comme solution aux crises mondiales. Face à cela, notre camp social doit se ressaisir et s’unir pour lutter tous ensemble jusqu’à la victoire !
L’arrestation du président Venezuelien et de sa femme par l’armée américaine le 4 janvier dessine le nouvel ordre mondial (lire l’article de Fabrice Thomas, p. 52), Ceci ne peut peut se comprendre que dans le cadre de la crise mondiale et de réorganisation des rapports de forces entre les grandes puissances qui est en cours. Dans ce cadre, la perte de vitesse économique des États-Unis et de l’Europe contraste avec la présence renforcée de la Chine dans de nombreux pays, et notamment dans la zone d’influence historique des États-Unis qu’est l’Amérique latine. L’offensive de Trump au Vénézuela, en Argentine, mais aussi au Moyen-Orient est une réaction de très haute intensité à ces modifications.
Make America great again… par la force
Face à leur propre crise dans le cadre des rapports de forces mondiaux, le sens de Trump est d’utiliser l’armée la plus puissante du monde pour retrouver leur grandeur perdue, Trump se lance dans une série de guerres, à l’image de celle des « 12 jours » en Iran (lire l’article de Babak Kia p. 41, ainsi que celui de Somayeh Rostampour sur les Kurdes, p. 38) et soutient Israël dans sa folie génocidaire en Palestine pour mettre au pas le Moyen-Orient (lire l’article de Joseph Daher p. 36). C’est précisément ce qu’il vient de se passer au Venezuela : prendre par la force ce qu'ils ont perdu sur le terrain économique pour regagner l’Amérique du Sud. Ce faisant, Trump piétine les accords internationaux et il est même prêt à enfoncer l’Union Européenne pour se maintenir à flots et préparer les prochains affrontements pour les métaux rares, comme au Groenland.
Les appels des chefs d'état-major en France ou en Angleterre pour augmenter le nombre de militaires en service sont bien en deçà de ce que ces impérialismes périphériques ont besoin pour être concurrentiels. Le plan de financement militaire pluriannuel en Allemagne semble trop personnel. Il est aujourd’hui possible que l’Union européenne explose devant son incapacité à agir collectivement.
Pour notre camp social, la lutte contre l’impérialisme, à commencer par le nôtre, est une impérieuse nécessité aujourd’hui (lire l’article d'Olivier Besancenot sur Che Guevara, p. 44). Nous refusons la marche à la guerre, nous sommes aux côtés des peuples qui luttent !
Les impérialismes occidentaux concurrencés par la puissance de Chine
Alors que les économies occidentales s’enfonçaient dans la crise, notamment après la crise financière de 2008, la Chine, qui a conservé des taux de croissance élevés, a pu continuer à investir. Notamment avec la mise en place de partenariats de développement avec différents États, les « nouvelles routes de la soie » en 2013. La Chine a prêté 60 milliards de dollars au Venezuela entre 2007 et 2015 en se remboursant avec le pétrole (80 % des exportations). Les entreprises chinoises s’implantent également au Mexique.
Cela concerne également les pays africains, qui sont exonérés des droits de douane chinois. Résultat gagnant pour la Chine1 : « en 2024, la Chine a importé 116 milliards de dollars de produits africains, contre 178 milliards d'exportations ». Elle assure également leurs sécurités militaires, par exemple 70 % des pays sont équipés de blindés chinois et ceci vaut également pour des entraînements militaires conjoints ou la vente d’armes chinoises2. Ce qui explique que le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire se retirent de la Françafrique… Cerise sur le gâteau, le 2 janvier 2026, le groupe chinois BYD devenait le premier vendeur de voitures électriques au monde, passant devant l’américain Tesla.
Où va le mouvement ouvrier en France ?
Le coeur de la politique de Macron repose sur l’augmentation de l’exploitation et la coupe dans les budgets sociaux pour financer le patronat et l’armée, sur fond de lois racistes et islamophobe pour nous diviser (lire l’article de Hafiza b. Kreje, p. 6). Quant à la jeunesse, Macron veut la mettre au pas cadencé dès l’école (lire l’article de Radu Varl, p. 4). Mais cela n’est toujours pas suffisant et une partie du patronat se tourne maintenant vers l’extrême droite. Il y a péril en la demeure !
Pour inverser la vapeur, nous avons besoin de mobilisations de masse, à l’image des mobilisations de novembre-décembre 1995 auxquelles nous consacrons notre dossier (lire l’article d’Annick Coupé p. 17). Dans une situation politique similaire (lire l’article de Robert Pelletier p. 12), avec des attaques sur la Sécurité sociale et les retraites (lire l’article de J.C. Laumonnier p. 21), les jeunes (lire l’article d’Elsa Colonge et Thomas Rid, p. 30), les cheminots (lire l’article de Riton, Dom, Jimi et Jack, p. 24), les femmes (lire l’article d’Ingrid Darroman p. 27) et l’ensemble de la population ont su trouver les voies de la grèves, et du blocage de l’économie.
Une telle mobilisation, dans un cadre social compliqué, suppose une unité large, qui redonne confiance : un nouveau « tous ensemble » est nécessaire aujourd’hui, qui aille jusqu’au bout, un raz-de-marée social qui renverse l’ordre établi. Bref une année pour la transformation révolutionnaire de la société.