Publié le Mardi 17 février 2026 à 09h19.

Une victoire pour la résistance face à l’ICE et à Trump

La résistance contre l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et contre le programme d’expulsions massives du président Donald Trump a remporté une victoire la semaine dernière lorsque Trump et le « tsar des frontières » Tom Homan ont annoncé la fin du déploiement massif de l’ICE à Minneapolis. 

À son apogée, près de 3 000 agentEs de l’ICE et de la Border Patrol menaient des raids violents dans la ville, frappant, gazant et tuant deux habitantEs.

Une résistance déterminée

Les méthodes violentes de l’ICE ont suscité une résistance combative : des milliers de personnes se sont mobilisées pour s’opposer aux opérations, sifflant pour alerter des descentes en cours, criant « ICE dehors ! » aux agentEs, bloquant des rues et suivant leurs véhicules. Le mouvement dans la rue, ainsi que la réaction nationale face à ces violences et violations des droits civiques, ont provoqué une indignation massive, contraignant Trump à battre en retraite.

Dans le même temps, au Congrès, les démocrates — devenus tristement célèbres pour leur timidité face à Trump — ont, pour une fois, adopté une position ferme contre Trump et l’ICE. Ils ont exigé que les agentEs retirent leurs masques, qu’ils disposent de mandats pour procéder aux arrestations, portent des caméras-piétons pour enregistrer leurs interventions, et évitent des lieux tels que les écoles, les églises et les hôpitaux.

Démocrates et républicains ont adopté la majeure partie du budget, mais les démocrates ont refusé de voter celui du Department of Homeland Security (DHS), qui inclut l’ICE, entraînant la suspension des travaux du Congrès. L’an dernier toutefois, le Congrès avait déjà alloué environ 80 milliards de dollars à l’ICE : l’agence ne sera donc pas affectée, quel que soit le vote. Et il est peu probable que Trump et les républicains accèdent aux exigences démocrates.

Une mobilisation enracinée et radicale

Si le Congrès peut être paralysé, le peuple, lui, ne l’est pas. Partout dans le pays, les manifestations contre l’ICE se poursuivent. La semaine dernière, je me suis rendu dans le sud de la Californie pour rendre visite à ma famille et à des amiEs à Imperial Beach, où j’ai grandi. Au lycée Mar Vista, mon ancien établissement, des élèves ont quitté les cours ; un garçon brandissait son skateboard sur lequel il avait inscrit : « Fuck ICE. »

Des milliers de lycéenNEs ont fait grève dans des dizaines d’établissements à travers le pays. Des amiEs m’ont raconté qu’il n’y avait pas une ville ni une commune du comté de San Diego qui n’ait connu de manifestations. À Los Angeles, j’ai accompagné un ami à la mobilisation hebdomadaire organisée à Culver City, où quelques centaines de manifestantEs s’étaient rassembléEs devant l’hôtel de ville, brandissant des pancartes avec des slogans tels que : « Abolish ICE, Protect Immigrants. » Des centaines d’automobilistes klaxonnaient en signe de soutien.

Le gouvernement veut accroître la répression

Le gouvernement est également passé à l’offensive. Le DHS a assigné à comparaître des entreprises technologiques comme Meta, Google et Reddit, exigeant qu’elles transmettent des informations sur les personnes publiant des critiques de l’ICE, notamment leurs noms, adresses et adresses IP. Les autorités s’en sont aussi prises à des organisations et à des individus diffusant des alertes sur la présence de l’ICE dans les quartiers.

Le gouvernement dispose des moyens d’identifier les téléphones portables présents lors des manifestations et de reconnaître des visages à partir de photographies. Il est clair que ces actions menacent nos droits de nous rassembler, de protester et de nous exprimer contre le gouvernement.

Au cours du dernier mois, nous avons forcé Trump à reculer. Le retrait des troupes de l’ICE de Minneapolis constitue une victoire pour notre mouvement. Mais ces agentEs, ainsi que d’autres, seront redéployéEs dans d’autres États et villes dirigés par les démocrates, ainsi que dans d’autres communautés immigrées, pour poursuivre les expulsions.

Les agentEs de l’ICE continueront d’enlever des personnes dans nos quartiers, nos écoles et nos lieux de travail. RecrutéEs pour leurs positions de droite et leur brutalité, ils ont peu de chances de renoncer à leurs comportements violents. Notre mouvement, déjà large et combatif, doit devenir encore plus massif et plus courageux, en combinant mobilisation de rue et pression politique.

Dan La Botz