Publié le Lundi 8 juin 2026 à 20h00.

Aux municipales, le but c’est que le NPA intervienne pour tenir la ligne

Entretien avec Lysa Bonin 

Notre direction politique s’est positionnée à de multiples reprises autour de la participation aux municipales. De fait, au-delà de la mise en évidence d’une ligne politique, notre direction s’attache à l’incarner et à prendre sa part des tâches qu’elle identifie comme importantes dans la période. C’est ainsi que Lysa Bonin est candidate aux municipales de St-Ouen. Elle précise pour nous, en prenant le temps d’un entretien informel, les enjeux politiques de la campagne municipale du parti — nationalement et localement. L’entretien, réalisé au début du mois de février, précède la défaite de la liste la FI — à trente voix d’obtenir une élue.

Hafiza b. Kreje : la question de la participation aux élections constitue toujours un questionnement particulier pour une organisation révolutionnaire comme la nôtre. Est-ce que tu peux restituer rapidement les raisons pour lesquelles on a fait le choix de participer à cette élection ? 

Lysa Bonin : Oui, et c’est d’autant plus simple qu’on en a beaucoup parlé lors du dernier CPN (Conseil politique national) à partir des discussions qui ont eu lieu dans le groupe de travail (GT) sur les élections municipales, que j’anime avec d’autres camarades. La participation aux municipales est une discussion compliquée qui ne doit pas être réduite au problème général de « la participation aux élections ». Le plus souvent, l’image que l’on a de la participation aux élections est celle d’une candidature aux présidentielles, mais les enjeux des municipales sont très différents. C’est ce qu’on a précisé dans une motion au CPN et je préfère qu’on le ré-inscrive comme tel parce que ces formulations viennent d’un travail collectif.

« Les municipales peuvent au premier abord sembler n’être que des élections locales qui se réduisent à l’éclatement entre les 34 875 communes où elles vont se tenir. Et ce d’autant plus que leur lisibilité est brouillée par le très grand nombre de listes non-rattachées à des partis nationaux. Brouillée aussi par le côté très incarné de l’élection qui motive le vote pour ou contre une personne connue (directement ou pour son bilan) plus que pour son étiquette politique, mais aussi qui nourrit des détestations, voire plus, entre des candidat·es, les autonomisant des positions de leurs partis.

Il peut être tentant, surtout quand nos forces militantes sont prises de haut ou qu’elles dérangent, de se laisser mettre sur la touche et de commenter le match que les autres jouent. Ou au contraire, quelle que soit la réalité de nos forces, nous pouvons nous voir démarchés par les uns ou les autres pour les rallier et servir de forces d’appoint ou de faire-valoir unitaire, sans nous laisser de latitude pour porter des débats stratégiques et programmatiques. Or, dans une situation où le danger de l’extrême droitisation du champ politique met le RN aux portes du pouvoir avec même le risque d’embardée d’une éventuelle dissolution pour provoquer des législatives en même temps que les municipales, l’enjeu est de développer des cadres unitaires animés de la conscience du danger et déterminés à discuter les moyens de résister. Les municipales peuvent sembler décalées là où le risque d’une victoire de l’extrême droite ne se pose pas. Ou au contraire l’enjeu dérisoire en cas de victoire de l’extrême droite dans des échéances nationales. Et pourtant il n’en est rien, bien au contraire. [...] Dans tous les cas, cela nous permet de défendre à une large échelle nos positions et d’être davantage audibles que d’habitude. Nous démontrons notre utilité. Nous gagnons des militant·es. C’est une dynamique positive pour le parti, sur laquelle nous devons nous appuyer. D’autre part, parce que l’échelle municipale, avec une municipalité de gauche conséquente, peut être un cadre protecteur de la population la plus immédiatement ciblée par l’extrême droite : les personnes racisées, les réfugiées, les femmes, les LGBTI. »

Aux municipales pour nous justement, c’est important qu’on intervienne pour permettre de tenir la ligne. Et notamment dans le 93, on avait historiquement des mairies qui étaient à gauche et on a besoin de se battre pour tenir les mairies les plus à gauche possible — contre les tendances à « trahir » pour avoir un poste ou pour être élu·e. Le but c’est de faire en sorte que des lieux associatifs, par exemple, ne soient pas fermés, qu’on puisse avoir des jumelages avec des villes palestiniennes ou ukrainiennes… 

Il faut qu’on ait des espaces qui soient des refuges pour les personnes qui le souhaitent. Ces espaces doivent rester des terres de lutte. L’échelle municipale le permet. Mais bien sûr, le « refuge » n’est pas uniquement protecteur, c’est le réceptacle d’une histoire politique et un outil pour continuer à combattre : et il faut lutter contre les transformations qui tendent à faire disparaître cela (comme par exemple sur Saint-Ouen, l’effacement total de son passé ouvrier, par la destruction des usines Wonder ou PSA), et dans le 93, la situation est catastrophique de ce point de vue-là.

 

H. b. K. : tu participes aux municipales à St Ouen : comment s’est fait le processus qui a amené à ton implication dans ce cadre ? 

L. B. : Honnêtement, c’est justement par les luttes !

Il y a eu les mobilisations au moment du Nouveau front populaire (NFP) pour empêcher que l’extrême droite ne prenne le pouvoir , et une lutte qui a été importante pour moi, la lutte pour le plan d’urgence dans l’éducation pour le 93. Pour nous, l’objectif était de mettre fin à la rupture d’égalité entre les territoires au niveau de l’éducation. Dans cette lutte-là, on a fait un travail commun avec la FI qui a été extrêmement présente sur le terrain —donc des liens se sont tissés. Les municipales, ça a été un continuum de cette double expérience du NFP et des luttes spécifiques dans le 93. C’est dans cette dynamique que s’est faite l’alliance. Celle-ci a été facile, parce qu’en face de nous, on a Karim Bouamrane — qui est connu au niveau national pour les positions délétères qu’il assume : ça faisait sens, c’était une évidence de partir avec Manon Monmirel. 

Pour notre liste, on a aussi eu des discussions avec les Ecologistes (et des dissidents de ce parti), mais rien n’est actuellement fixé, du fait de problèmes internes dans leur parti. Dans cette aventure se sont joints à nous Génération.s et la REV, le parti d’Aymeric Caron, ainsi que des associations et des militant·es locaux. 

Malheureusement, à gauche, nous n’avons pas pu faire l’unité largement. En effet, le PCF, qui était initialement dans l’opposition, a finalement retourné sa veste et rejoint Karim Bouamrane. On voit également là le problème spécifique des élections municipales où l’objectif est de sauver son poste, son siège à la mairie… C’est scandaleux et on s’en souviendra ! 

 

H. b. K. : oui, et en fait c’est quand même une sacrée histoire les accords électoraux comme ça avec le PCF. J’ai fait mes petites recherches aussi comme on est également candidates à Livry-Gargan. Et les stratégies électorales du PCF c’est un sacré guêpier. 

L. B. : Moi ce que je vois dans le ralliement PCF-PS sur St-Ouen, c’est cinquante ans d’accords électoraux ! Pour la petite histoire, je vais être un peu bavarde, mais en gros les accords PS-PCF datent de 1965, bien avant le programme commun de 1972 et de 1981 ! Ces accords s’appuyaient sur la mise en place de « listes bloquées » pour les villes de plus de 30.000 habitants. Et cela avait d’ailleurs concerné St Ouen. Rapidement, pour expliquer ce qu’est une « liste bloquée », et qui correspond aux listes pour lesquelles on a l’habitude de voter. C’est en fait tout simplement le fait qu’une liste des municipales soit fermée : quand on vote, on vote pour une liste complète, qu’on ne peut pas modifier au moment de glisser son bulletin dans l’urne. C’était le cas avant, on pouvait mélanger des listes — c’était un « panachage », ça permettait aux gens de décider de leur équipe municipale. Maintenant, tout se règle au niveau des appareils : c’est une catastrophe parce que c’était une élection qui donnait beaucoup plus d’autonomie politique aux électrices et aux électeurs dans les choix de leurs représentant·es, donc ça ne vaut pas grand chose, mais c’était « toujours ça » avec le « jacobinisme » français.

Bref, pour en revenir à notre sujet, les accords de 1965 étaient originellement plutôt favorables au PCF qui avait pu acquérir une hégémonie sur la gestion des villes du 93 jusqu’aux années 80 et compenser sa marginalisation nationale. Dans le même temps, ils ont aussi permis au PS de prendre progressivement des responsabilités dans les mairies acquises au PCF et de les concurrencer. Et c’est exactement ce qui s’est passé à St Ouen. Le PS a « remplacé » le PCF ! Tu sais qu’on parlait même à l’époque dans la presse de nouveau Front populaire ! C’est cocasse quand même quand on voit aujourd’hui que les mêmes habitudes d’accords s’opposent au NFP. 

 

H. b. K. : le rappel historique est intéressant, mais même du point de vue des appareils, ça n’est pas si simple car la stratégie du PCF dans la région est assez variable : des accords départementaux ont été signés entre la FI et le PCF, et tu as raison, le NFP n’est plus leur cadre de référence puisqu’il faut refaire des accords — avec la spécification des colorations des têtes de liste, communiste ou insoumise. 

L. B. : Au NPA-A, on restait sur le fait de privilégier ces cadres de fait, les faire exister, on a beaucoup travaillé à cela. Mais là ! Impossible de travailler avec le PCF parce qu’il se retrouve à faire campagne avec Bouamrane. Mais en fait, là, il faut dire que c’est scandaleux ce que fait le PCF — tradition d’alliance ou pas, et je ne suis pas pour banaliser trop leur stratégie. Tenir la ligne, c’est aussi le faire remarquer : la mairie PCF avait été décorée pour sa lutte contre la spéculation immobilière. Rien à voir avec le maire actuel !

 

H. B. K. : est-ce que tu peux en dire plus à son sujet ? 

L. B. : Il faut savoir qu’il est à la mairie depuis 2020. Karim Bouamrane du PS avait été dans l’équipe de la mairie PCF de Jacqueline Rouillon, qui ne pensait pas du tout qu’il s’opposerait à elle et ne l’avait pas vu comme un rival. En 2014, elle a perdu la mairie face à la droite : et c’est le PS qui l’a récupérée en 2020. Les rapports de pouvoir ont donc changé au sein d’un équilibre qui existe depuis cinquante ans dans la région. Rien de nouveau à la cuisine électorale habituelle de ce point de vue.

Sur le plan plus personnel, à la base, c’était un chef d’entreprise spécialiste de la cyber-sécurité, donc déjà son profil est dicté par ça. On n’est pas surprises de le voir défendre une politique sécuritaire, comme il le fait à St-Ouen. Il précipite toutes les étapes de la gentrification en délaissant complètement la politique de la ville pour les quartiers populaires. Ca c’est sur le plan concret et local. 

Au niveau national, il a fait parler de lui parce qu’il faisait partie des élus PS qui ont très vite tourné le dos du NFP et se sont construits en confrontation avec ce dernier : c’est un profil qui plaît à Macron, il a été envisagé comme potentiel premier ministre dans cette période-là. On est donc à la toute droite du PS. Il se présente comme « l’homme de gauche » alors qu’il a le parfait profil d’un macroniste : il a même déclaré dans les médias qu’il préférait gouverner avec Retailleau, plutôt qu’avec la FI !

Je ne sais pas si c’est utile de le repréciser après avoir rapporté son positionnement vis-à-vis de Retailleau, mais sa stratégie est de jouer sur la « peur » afin de développer des politiques plus sécuritaires.

En cela, St Ouen incarne clairement aussi un des points qu’on a explicité par la motion municipale, en sus peut-être de la résolution. Les municipales sont marquées par la dissolution du NFP qui crée deux gauches rivales.Pour beaucoup de listes hors la FI, l’enjeu n’est pas seulement de « faire l’unité » mais de s’en distinguer.

 

H. b. K. : au-delà du périmètre des organisations, je me demandais ce qu’il en était sur le plan programmatique. Tu as bien précisé l’enjeu autour de la sécurité dans le profil de Bouamrane, et en réalité les discussions sur la police sont fréquentes — notamment quand on se distingue du PCF. Est-ce que c’est un point qui a joué ? Sinon, est-ce qu’il y a des éléments que tu voudrais mettre en lumière parmi nos propositions politiques ?

L. B. : Ce qui est certain, c’est qu’on a beaucoup parlé de cette question et qu’on l’a beaucoup mise en avant dans nos discussions avec nos partenaires. Pour nous, c’est une question parmi les plus importantes : on essaie de pousser le plus à gauche possible, mais on doit travailler en bonne intelligence. On fait face aussi à une campagne qui est axée sur le tout-sécuritaire, chez Karim Bouamrane. Nous avons des discussions intéressantes sur la place de la police dans la société avec notre liste. Il existe encore des différences de points de vue entre nous à ce sujet. Le NPA-A veut mettre fin à la police, qu’elle considère comme le bras armé d’une politique de classe et raciste, et propose des mesures transitoires allant dans ce sens. la FI considère la police comme un corps de fonctionnaires globalement comparable aux autres (certes à réformer), même si elle veut développer une politique plus préventive et sociale que répressive. On voit que ce n’est pas la même perspective. Ce qui est agréable, c’est que nous avons la possibilité de le dire et de marquer nos différences d’appréciation. Il y a un terrain commun, c’est certain : Assa Traoré était d’ailleurs invitée au meeting de lancement de la campagne.

Pour le reste, les thématiques de campagne sont principalement le logement et les services publics. Sur ces sujets-là, la proposition de la FI reste audacieuse et on ne pensait pas qu’ils proposeraient autant — sur la part des logements sociaux, sur les ruptures de marge qui sont possibles par rapport aux bailleurs… Et de ce point de vue on est satisfait·es. Il y a au niveau des services publics des objectifs qui sont enthousiasmants. Ainsi on propose un renforcement des crèches municipales, pour arrêter le tout-privé dans tous les secteurs. 

L’idée des élections municipales, c’est de changer le quotidien des personnes. Et là dessus, la façon d’organiser collectivement la prise en charge de la petite enfance, d’autant plus avec la croissance démographique de la ville, c’est central pour nous aussi. Il y a la reprise des crèches municipales, l’augmentation du nombre de places en alliant les échelons municipaux et départementaux, et il y a enfin l’idée de jumeler les crèches et les maisons de retraite, de faire du lien inter-générationnel.

De manière plus générale, on a à cœur de développer l’offre de services publics, mais aussi d’intervenir sur les discriminations qui limitent l’accès à ces services : des discriminations qui sont économiques au sens large, mais qui intègrent donc aussi la race. Sur ce plan là, toutes nos propositions ne sont pas encore bien stabilisées, et je ne peux donc pas les détailler.

H. b. K. : tu parles là des crèches, ça rejoint évidemment des préoccupations féministes. La dimension intersectionnelle, antiraciste et féministe, est importante dans la campagne que vous menez : on vous a vu·es notamment avec Assa Traoré, Aurore Koechlin était présente au lancement de la campagne. Comment parvenez-vous à rendre visibles ces enjeux dans une élection qui est souvent réputée comme technique ?

L. B. : En fait honnêtement, je n’ai pas vraiment l’impression de m’efforcer de rendre visible l’intersectionnalité. C’est plutôt la FI qui insiste sur cette dimension très intersectionnelle dans sa communication. Cela nous va bien, mais ça n’est pas l’effet d’un travail spécifique de notre part sur cet enjeu. La gestion de la communication est concertée, mais on est qui on est, tout simplement ; et cela n’aurait pas de sens pour nous de nous opposer à cette manière de communiquer parce qu’on pense que c’est ce qu’il faut faire nous aussi au NPA. 

En somme, si la liste est intersectionnelle, c’est par nos profils militants et pas parce qu’on ferait un « effort » pour « construire l’intersectionnalité » ou la rendre visible. Ici, on a une campagne qui est militante, qui n’est pas cadenassée aussi par des intérêts d’appareils — c’est peut-être un des apports de cette dimension concrète, incarnée de la manière de faire de la politique.

Et d’ailleurs, au-delà d’Aurore Koechlin, de Mélanie Mermoz ou moi, Manon Monmirel - notre tête de liste - est une militante antiraciste de terrain : c’est son travail militant aussi qui construit cette position. Du coup on prend vraiment des positions qui sont nettes de ce point de vue là et cela ne nécessite pas de négociation, tout est très fluide et c’est une chance !

 

H. b. K. : la campagne des municipales est l’occasion de la mise en place d’un nouveau comité : est-ce que tu peux revenir sur cette intensification de l’activité locale grâce à la campagne et sur la manière dont on peut s’appuyer sur les municipales pour développer une activité à long terme ? 

L. B. : C’est un peu comme pour vous j’imagine (un comité 93 Nord-Est a été créé sur la base de la volonté des militant·es de participer aux municipales). En fait l’idée du comité a évolué de manière concomitante à la campagne. Il y a eu la possibilité des municipales, le travail avec la FI et le fait de redynamiser notre militantisme sur St Ouen. Or, on était beaucoup à militer plutôt dans des comités liés à notre lieu de travail. On avait de nouveaux contacts, des anciens contacts qui revenaient vers nous : plein de facteurs ont fait que les voyants étaient au vert pour essayer de faire quelque chose de chouette sur notre ville. 

Au niveau de la campagne, on a des moyens logistiques de la FI qui nous relaie et notre place reste intéressante et importante : il y a des réunions programmatiques, un porte à porte par semaine, une école qui est faite une fois par semaine et deux diffusions sur les marchés le weekend et on peut y injecter nos forces militantes, mais aussi rencontrer d’autres militant·es. En plus de cela, on a un comité politique de la campagne chaque dimanche où on peut s’exprimer pour chaque parti. On retrouve d’autres organisations : Génération·s, des militant·es associatifs·ves, et un réseau de solidarité qui peut nous permettre d’agir dans des cadres sur notre ville.

 

H. b. K. : tu es membre de la direction du NPA, comment l’investissement dans cette campagne a-t-il pu s’articuler aux autres mandats que tu honores déjà dans notre organisation ? Comment cela impacte-t-il et transforme-t-il ton militantisme ? 

L. B. : Oui, alors avant de penser à mes fonctions au sein du parti et de la manière dont j’arbitre les choses, je dirais que mon action politique est complémentaire de mes engagements syndicaux. La campagne des municipales me permet d’apporter un autre éclairage sur les luttes syndicales puisque les municipalités ne s’occupent que du premier degré dans les écoles, donc pour moi c’est intéressant de l’articuler à mon travail syndical en collège.

Et donc il y a une question importante comme syndicaliste, comme professeure, et comme militante sur la ville : si on veut une école de qualité sur le 93, il faut des moments avec les familles. Et dans les trois domaines de ma vie - le syndicalisme, le cadre politique, mon travail en lui-même se pose cet enjeu là des familles si on veut défendre les services publics. S’ajoute d’ailleurs aussi la question de la place des associations ou de la place de la police : pour les interventions sur l'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS).

Souvent, les parents ont des ressentis contrastés par rapport à l’école : c’est une des clefs pour mettre fin à la rupture d’égalité que de se situer dans les luttes politiques et municipales, et c’est ça qui est intéressant quand on fait de la politique locale. 

Une camarade me disait que si les choses étaient bien faites, il n’y avait pas nécessairement tant une « accumulation » qu’une interpénétration des tâches. C’est partiellement vrai au sens où comme je le disais, mon militantisme sur le lieu de travail est élargi et raffermi : mais cela reste le lieu d’une accumulation des tâches et des choses à organiser. Le travail en groupe de travail (GT) est intéressant et il est riche pour se mettre en discussion mais il nécessite aussi de voir les camarades s’autonomiser et prendre davantage d’initiatives, peut être : ce sont des choses auxquelles on réfléchit.