Le prix de l’essence explose, ceux de l’alimentation continuent d’augmenter, tandis que les remboursements de soins diminuent et que les services publics se dégradent. Guerre, inflation et austérité ont une même conséquence : faire payer la crise du capitalisme aux classes populaires. Mais les mobilisations du 29 septembre et la révolte lycéenne montrent que la colère peut converger.
La flambée des carburants est notamment la conséquence de la guerre impérialiste déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a bouleversé l’approvisionnement mondial en pétrole. Les classes populaires paient ainsi deux fois la guerre : par la hausse des prix et par l’explosion des dépenses militaires.
Arnaque Total
Chaque augmentation du pétrole se répercute sur les transports, les produits agricoles, l’alimentation et les biens manufacturés. La sécheresse historique de cet été menace également de renchérir encore les fruits et les légumes dans les prochains mois.
Pendant ce temps, TotalEnergies et les autres groupes pétroliers profitent de la crise. Total spécule sur les prix et a dégagé plus de 5 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026, soit 50 % de plus qu’un an auparavant. Son plafonnement des prix à la pompe n’est qu’une opération de communication : quand le pétrole augmente, ses profits progressent sur toute la chaîne, de l’extraction à la distribution.
Il faut bloquer les prix de l’énergie, de l’alimentation et des produits de première nécessité, sous le contrôle des salariéEs et de la population. Mais aussi développer massivement les transports collectifs gratuits, le fret ferroviaire et les circuits courts, exproprier Total et placer le secteur énergétique sous contrôle public pour organiser la sortie des énergies fossiles.
Un budget de guerre et d’austérité
Le détail du budget sera dévoilé après le bouclage de ce journal, mais son orientation est déjà connue. Le gouvernement veut réaliser 54 milliards d’euros d’« économies » en gelant pour la quatrième année consécutive le point d’indice des fonctionnaires, en réduisant les dépenses des ministères et des collectivités, en attaquant les arrêts maladie et les retraites et en envisageant le gel des APL. Dans le même temps, le budget des armées doit augmenter de 6,4 milliards d’euros et la surtaxe imposée aux grandes entreprises serait réduite.
Il ne s’agit donc pas d’un manque d’argent, mais d’un choix conscient, d’une politique de classe au service des plus riches. Les aides publiques aux entreprises représentent au moins 211 milliards d’euros par an. Au seul deuxième trimestre 2026, les entreprises françaises cotées ont versé 61 milliards d’euros de dividendes, un record européen.
Pour préserver le pouvoir d’achat, il faut augmenter immédiatement les salaires, les pensions et les minima sociaux de 300 euros net et les indexer automatiquement sur les prix. Il faut mettre fin aux exonérations de cotisations patronales, prendre sur les profits et les dividendes et imposer fortement les grandes fortunes.
Les colères commencent à converger
Le 29 septembre, fonctionnaires, pompiers, enseignantEs, étudiantEs, lycéenNEs et salariéEs du privé de différents secteurs ont manifesté contre les bas salaires, l’austérité et la destruction des services publics. Dans plus de 330 lycées, la jeunesse s’est mobilisée contre la paupérisation de l’Éducation nationale, particulièrement visible dans les quartiers populaires avec des classes surchargées, des postes non pourvus, des bâtiments délabrés, sans compter la pression de Parcoursup.
Le gouvernement lui a répondu par les arrestations, les gardes à vue, les coups et les tirs de grenades lacrymogènes. À Saint-Ouen-l’Aumône, un policier a tiré au visage d’un lycéen à quelques mètres de distance. Cette répression particulièrement brutale contre la jeunesse des quartiers populaires vise à empêcher la colère de s’étendre.
Des appels à se mobiliser contre la vie chère et la hausse des carburants circulent maintenant pour le 17 octobre. Personne ne peut encore prévoir leur ampleur. Mais cette date peut devenir une nouvelle étape si les salariéEs, les syndicats, la jeunesse et les collectifs de lutte s’en emparent, discutent de leurs revendications et organisent la mobilisation à la base.
Face au gouvernement, aux patrons et aux profiteurs de guerre, faisons converger toutes nos colères : nos vies valent plus que leurs profits !