Édito de l'Anticapitaliste n° 799, par Nico Dix
La séquence autour de la mort du néonazi Quentin Deranque avait donné le ton : les cercles du pouvoir ont décidé de criminaliser l’antifascisme et de normaliser l’extrême droite — jusqu’à ses franges les plus radicales.
Ainsi, le Conseil d’État vient de valider en appel la dissolution de la Jeune Garde antifasciste.
Dans le même temps, le pouvoir fait interdire un week-end intitulé « Pas de Nazis dans Paris » en prétextant un éventuel appel à la haine.
Cette criminalisation de l’antifascisme nous fait courir un grave danger, alors que les violences racistes et LGBTIphobes se multiplient, ainsi que les attaques contre des locaux syndicaux, associatifs, politiques ou culturels.
Le contexte de restriction des libertés publiques et de répression des organisations et de leurs militantEs devient de plus en plus inquiétant.
La lutte antifasciste est aujourd’hui une urgence vitale pour défendre nos droits et préserver notre capacité à nous organiser, nous protéger et riposter.
À travers la dissolution de la Jeune Garde, c’est l’ensemble du mouvement social et de la gauche combative qui est visé. Nous réaffirmons notre solidarité avec les camarades de la Jeune Garde, les militantEs antifascistes incarcéréEs et, plus largement, avec tout le mouvement antifasciste.
On parle beaucoup du Front populaire et de sa victoire électorale en 1936. Mais on oublie souvent que la dynamique est née de la mobilisation unitaire d’un front antifasciste qui s’est construit par en bas en 1934 face aux politiques de division des directions.
Nous rappelons la nécessité d’une réponse unitaire et nous soutenons partout la création de comités antifascistes pour résister et faire vivre nos idées de solidarité, d’égalité et de justice sociale.